Climat : l’élevage ouest-africain au cœur des négociations à Bonn
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À l’occasion de la 62e session de l’Organe subsidiaire de conseil scientifique et technologique de la CCNUCC (SBSTA), des voix ouest-africaines ont plaidé pour une prise en compte plus affirmée de l’élevage dans les politiques climatiques internationales. Ce secteur, pourtant vital pour des millions de familles rurales, reste marginalisé dans les mécanismes d’atténuation et d’adaptation aux changements climatiques.
L’élevage, levier de résilience et de durabilité
Pour Lamine Diatta, négociateur climat au ministère sénégalais de l’Environnement, il est urgent d’inscrire l’élevage au cœur des stratégies climatiques. Selon lui, « les systèmes pastoraux bien gérés, combinés à l’agroforesterie, participent activement à la préservation des écosystèmes et à la lutte contre la déforestation ». Il appelle à reconnaître les éleveurs et agro-pasteurs comme des acteurs majeurs de la transition écologique.
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Un Hub pour des solutions concrètes
L’Institut International de Recherche sur l’Élevage (ILRI) a profité de ce sommet pour lancer le Livestock and Climate Solutions Hub, une plateforme panafricaine destinée à coordonner les actions en faveur d’un élevage durable. Abdrahmane Wane, représentant régional de l’ILRI, a alerté sur la vulnérabilité des pasteurs face au climat : « Sans interventions adaptées, 60 % d’entre eux pourraient perdre leurs moyens de subsistance. » Cheikh Mbow, Directeur du Centre de Suivi Écologique (CSE) à Dakar, salue ce Hub comme un espace de dialogue entre la science et les politiques publiques.
Vers une gouvernance climatique inclusive
L’Union africaine, par la voix de Patrick Karani (AU-IBAR), a annoncé l’élaboration d’une position africaine commune visant à intégrer pleinement l’élevage dans la gouvernance climatique du continent. De son côté, Halima Bawa Bwari, négociatrice climat du Nigeria, a souligné l’enjeu de la réduction des émissions de méthane, particulièrement liées aux systèmes bovins. Le besoin de financements reste criant, selon Jan Brix du ministère allemand du Développement (BMZ), qui appelle à une coalition internationale pour transformer durablement l’élevage africain.
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Six priorités pour l’élevage de demain
Les experts réunis à Bonn ont identifié six axes stratégiques pour orienter les politiques futures :
- Solutions climatiques intégrées dans les systèmes d’élevage,
- Valorisation des chaînes de valeur pastorales,
- Restauration écologique des pâturages,
- Renforcement de la coopération transfrontalière,
- Inclusion active des jeunes et des femmes,
- Dialogue renforcé entre la science et les décideurs politiques.
Un tableau de bord des solutions climato-intelligentes pour l’élevage est en cours de développement pour orienter les bailleurs de fonds et guider les politiques publiques nationales.
Contexte : En Afrique de l’Ouest, plus de 3,5 millions de personnes vivent directement de l’élevage. Face aux bouleversements climatiques, la survie de ce secteur stratégique dépend de sa capacité à s’adapter et à se transformer. La conférence de Bonn marque une étape décisive vers une intégration accrue de l’élevage dans l’agenda climatique mondial.
imam chroniqueur Babacar Diop
babacar19diop76@gmail.com













