Clôture magistrale du Saint-Louis Jazz 2025 : Sixun, une fusion irrésistible de talents et de cultures

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Clôture magistrale du Saint-Louis Jazz 2025 : Sixun, une fusion irrésistible de talents et de cultures

La scène « In » de la 33e édition du Festival international de jazz de Saint-Louis a tiré sa révérence sur une note vibrante et cosmopolite. Le mythique groupe français de jazz fusion Sixun y a livré une prestation d’anthologie, couronnant avec panache une édition marquée par la diversité musicale et l’éclectisme artistique.

Né de la rencontre de six musiciens venus d’horizons culturels différents, Sixun – contraction de « six » et « un » – a honoré sa promesse d’un jazz universel, teinté d’influences multiples, allant de la musique afro-caribéenne à la fusion funk, en passant par le jazz contemporain. Et ce soir-là, sur la mythique Place Baya Ndar, la magie a opéré.

Une ouverture entre contrastes et impatience

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La soirée a débuté dans une ambiance bigarrée. Tandis que certains festivaliers préféraient encore se délecter des grillades ou siroter un café dans les stands artisanaux alentours, d’autres étaient absorbés par les performances parallèles de la scène « Off » à l’Institut français, notamment avec Wasis Diop et Tex Lbk. Quelques gouttes de pluie, fines mais persistantes, ont tenté de s’inviter à la fête, mais ont vite été reléguées au second plan.

La virtuosité en étendard

Face à une audience peu à peu conquise, Sixun a démontré pourquoi il demeure, depuis plus de quatre décennies, une référence du jazz fusion européen. Le groupe a déroulé un répertoire riche et maîtrisé, marqué par une complicité manifeste entre les musiciens. Le saxophoniste Alain Debiossat, tour à tour au sax et à la clarinette, a illuminé la scène de ses envolées lyriques. Il semblait danser avec le vent, envoûtant les spectateurs par ses solos tantôt suaves, tantôt fougueux.

À ses côtés, le guitariste Louis Winsberg a tissé des mélodies tantôt énergiques, tantôt contemplatives, soutenues par les nappes harmoniques du pianiste Jean-Pierre Como, également compositeur prolifique du groupe. Ensemble, ils ont posé les fondations mélodiques d’un concert riche en couleurs et en émotions.

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Une section rythmique à couper le souffle

Mais c’est surtout le trio rythmique qui a fait vibrer Saint-Louis : Michel Alibo à la basse, véritable roc au groove indéniable ; Paco Sery, le légendaire batteur ivoirien, à la frappe millimétrée et énergique ; et Stéphane Edouard, dernier arrivé du groupe en 2005, aux percussions exubérantes et inventives. Edouard, Français d’origine indienne, est à ce jour le seul changement de personnel du groupe depuis sa création, succédant à des percussionnistes sénégalais de renom comme Abdou Mboup et Idrissa Diop.

Des moments de grâce et de partage

Parmi les temps forts du concert, l’exécution des titres « Very Sixun Trip », « Peniscola », « Rapisrap » et surtout « The Seven Keys », composé par Stéphane Edouard, a emporté le public dans un tourbillon de rythmes et d’improvisations. Ce dernier morceau, véritable démonstration collective, a permis à chaque musicien de briller à tour de rôle. Un solo captivant d’Alain Debiossat, suivi d’une envolée spectaculaire de Louis Winsberg à la guitare, a fait monter la tension dramatique avant l’éclat final.

Paco Sery, dans une parenthèse théâtrale et poétique, s’est avancé seul sur scène pour jouer du kalimba, charmant littéralement l’assistance par son expressivité et sa mise en scène atypique. Le moment de call and response entre lui et Edouard a achevé de convaincre un public déjà conquis.

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Une communion jubilatoire

Ce qui distingue Sixun, au-delà de la virtuosité individuelle de chacun de ses membres, c’est cette joie manifeste de jouer ensemble. Sourires échangés, regards complices, relais naturels au micro… Tout dans leur prestation témoigne d’une amitié profonde et d’une expérience scénique indéniable. Ces artistes, qui ont parcouru les scènes du monde entier, ont gardé une fraîcheur et une humilité rares.

À la fin du concert, les ovations nourries du public ont naturellement appelé un rappel, que le groupe a offert avec générosité. La nuit s’est ainsi refermée sous le signe du jazz et de l’universalité, offrant à Saint-Louis une ultime étreinte musicale avant le rideau final.

-imam chroniqueur Babacar Diop

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