CNews et l’Arcom : quand les alertes internes du régulateur restent lettre morte

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CNews et l’Arcom : quand les alertes internes du régulateur restent lettre morte

L’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) est aujourd’hui au centre d’une polémique grandissante concernant sa gestion du dossier CNews. En cause : le décalage manifeste entre les recommandations formulées par ses services internes et les décisions finalement prises par la direction de l’institution à l’encontre de la chaîne d’information du groupe Canal+.
Selon des révélations relayées par l’agence Anadolu, s’appuyant sur une enquête de Mediapart publiée le 16 janvier 2026, la direction de l’Arcom aurait, à au moins deux reprises, choisi de ne pas suivre l’avis de ses équipes instructrices. Ces dernières préconisaient la transmission des dossiers concernant CNews à un rapporteur indépendant, une procédure indispensable pour envisager des sanctions financières plus sévères, notamment en raison de la récidive reprochée à la chaîne.

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Des procédures internes mises en suspens

Des documents internes consultés par les enquêteurs font état de dossiers restés bloqués pendant plusieurs mois au niveau de la direction générale, avant d’être finalement écartés sans suite. Une situation jugée « impossible au regard des procédures internes » par un ancien cadre de l’institution. Au lieu de sanctions financières, l’Arcom s’est contentée de deux mises en demeure, portant sur un « défaut de maîtrise de l’antenne » et une « incitation à des comportements discriminatoires ». Ces décisions ont été rendues publiques de manière discrète, le 30 décembre dernier.
Cette approche tranche avec la fermeté affichée par le régulateur au cours des années précédentes. En six ans, pas moins de vingt-quatre décisions défavorables avaient été prononcées contre CNews. Or, l’année 2025 marque un net infléchissement : un simple rappel à l’ordre et deux sanctions sans amende figurent au bilan annuel.

Une chaîne à nouveau sous le feu des critiques

Ces révélations surviennent dans un contexte déjà tendu. Le 13 janvier 2026, des propos tenus à l’antenne par l’animateur Pascal Praud, évoquant les origines des forces de l’ordre et la couleur de peau des agriculteurs, ont suscité une vive polémique. La séquence a notamment conduit à une saisine de l’Arcom par La France insoumise (LFI).
Face aux accusations de complaisance, le régulateur se défend de toute « consigne d’indulgence ». L’Arcom rappelle que la transmission à un rapporteur indépendant n’est ni automatique ni systématique, même en cas de récidive, et qu’elle conserve une marge d’appréciation pour adapter le niveau des sanctions au principe de proportionnalité.

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Une crédibilité fragilisée

Ces explications peinent toutefois à convaincre. Reporters sans frontières (RSF), par la voix de son responsable Arnaud Froger, estime que l’Arcom a « quasiment abandonné sa mission » de régulation. De son côté, le député Aurélien Saintoul dénonce une autorité devenue « excessivement prudente » face à un média dont l’influence ne cesse de croître.
Au-delà du cas CNews, cette affaire relance le débat sur l’indépendance, la cohérence et l’efficacité du régulateur audiovisuel français, à un moment où la confiance du public envers les médias et leurs instances de contrôle apparaît plus fragile que jamais.

Imam chroniqueur
Babacar Diop

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