Colère agricole à Strasbourg : l’UE sous pression autour de l’accord MERCOSUR
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Une tension palpable a enveloppé les abords des institutions européennes à Strasbourg, transformées le temps d’une journée en théâtre d’affrontements entre forces de l’ordre et manifestants. Tandis que les eurodéputés débattaient à l’intérieur de l’hémicycle, la rue s’embrasait autour d’un dossier commercial devenu explosif.
Venue de plusieurs pays d’Europe — France, Allemagne, Belgique et Italie — une mobilisation agricole d’ampleur internationale a réuni près de 4 000 manifestants. Des centaines de tracteurs ont convergé vers la capitale alsacienne pour dénoncer un accord que le monde rural juge lourd de menaces pour son avenir.
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Selon l’agence Anadolu, la manifestation a rapidement dégénéré lorsque certains groupes ont tenté de franchir les périmètres de sécurité établis autour du Parlement européen. Face aux tirs de feux d’artifice et aux tentatives de forçage, les forces de l’ordre ont riposté par l’usage de gaz lacrymogènes, instaurant un climat de quasi-état de siège.
L’accord MERCOSUR au cœur de la discorde
À l’origine de cette colère : l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du MERCOSUR. Pour de nombreux agriculteurs européens, ce texte est perçu comme un « accord toxique ». Ils redoutent une concurrence jugée déloyale, estimant que les produits sud-américains ne seraient pas soumis aux mêmes exigences sanitaires, environnementales et sociales que celles imposées aux exploitants européens.
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Les slogans déployés devant le Parlement européen traduisaient cette rupture de confiance. Pancartes et banderoles accusaient directement la Commission européenne et sa présidente, Ursula von der Leyen, de sacrifier l’agriculture européenne sur l’autel du libre-échange.
Une contestation qui s’invite dans l’hémicycle
Cette pression de la rue s’est doublée d’une offensive politique. Au même moment, les eurodéputés examinaient une motion de censure déposée par le groupe « Patriotes pour l’Europe », visant explicitement la Commission européenne pour sa gestion du dossier MERCOSUR.
Les initiateurs du texte reprochent à l’exécutif européen d’avoir marginalisé les parlements nationaux et ignoré les alertes répétées du monde agricole afin de faire avancer l’accord. Si l’adoption d’une telle motion entraînerait la démission de la Commission, les équilibres politiques actuels au Parlement rendent ce scénario improbable lors du vote prévu le 22 janvier.
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Reste que la concomitance entre la mobilisation parfois violente des agriculteurs et la procédure parlementaire illustre un moment de fracture. Elle révèle un malaise profond entre l’Union européenne et une partie de ses producteurs, désormais déterminés à faire entendre leur voix, dans la rue comme dans les institutions.
Imam chroniqueur
Babacar Diop













