Controverse autour des propos de l’ex-général Meïssa Sellé Ndiaye : le RIS Alwahda dénonce une tentative de division religieuse
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Le débat sur l’identité religieuse au Sénégal connaît un nouvel épisode de tension après les déclarations controversées de Meïssa Sellé Ndiaye, général à la retraite. Lors d’une récente cérémonie organisée à Koki, ce dernier a mis en garde contre ce qu’il a qualifié d’« islam importé », insinuant qu’il représenterait une menace pour l’islam confrérique traditionnellement ancré au Sénégal.

Ces propos ont suscité une réaction vive et indignée de la part du Rassemblement Islamique du Sénégal (RIS) Alwahda, une organisation connue pour son engagement en faveur du dialogue religieux et de l’unité nationale. Dans un communiqué publié le 2 juin, le RIS Alwahda a fermement condamné les déclarations du général, les qualifiant de « dangereuses, diffamatoires et stigmatisantes ». Selon l’organisation, il s’agit d’une tentative d’« opposer artificiellement les musulmans du Sénégal sur des bases fallacieuses ».
Le RIS rappelle que l’islam, loin d’être monolithique, est « universel, enraciné et multiple », et qu’il ne saurait être réduit à des catégories aussi réductrices qu’« authentique » ou « suspect ». L’organisation accuse Meïssa Sellé Ndiaye de remettre en cause les fondements mêmes de la coexistence pacifique qui caractérise les communautés musulmanes du pays.
Le communiqué souligne également les responsabilités passées de Meïssa Sellé Ndiaye au sein de l’appareil sécuritaire de l’État, notamment pendant une période marquée par des arrestations jugées abusives, des accusations infondées de terrorisme et une répression musclée des manifestants. À cet égard, le RIS estime que sa reconversion en « vigile autoproclamé de la République » est à la fois « choquante et incohérente ».
L’organisation a aussi vivement réagi aux allégations du général liant certaines associations islamiques à des activités criminelles. Elle lui enjoint de produire des preuves devant la justice ou de retirer ses accusations, faute de quoi elles devront être considérées comme relevant de la diffamation pure et simple.
Dans sa conclusion, le RIS Alwahda appelle le Procureur de la République à s’autosaisir de l’affaire, au nom de l’équité et de la protection de la réputation de nombreuses associations islamiques injustement ciblées par les propos du général. L’organisation affirme enfin son attachement à une société sénégalaise fondée sur « la justice, la pluralité religieuse et le respect mutuel », appelant à la vigilance contre tout discours susceptible de raviver les tensions dans un pays longtemps reconnu pour sa stabilité religieuse.
Ce nouvel épisode soulève de nombreuses interrogations sur la place des acteurs sécuritaires dans le débat religieux, et sur les risques liés à une instrumentalisation du discours spirituel à des fins politiques ou idéologiques.
Imam chroniqueur Babacar Diop













