Côte d’Ivoire : le décret sur les attributions gouvernementales relance le débat sur l’équilibre du pouvoir

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Côte d’Ivoire : le décret sur les attributions gouvernementales relance le débat sur l’équilibre du pouvoir

La publication du décret n°2026-84 du 4 mars 2026 portant attributions des membres du gouvernement alimente les commentaires et les interrogations sur l’équilibre des pouvoirs au sein de l’exécutif ivoirien, ainsi que sur les perspectives politiques du pays à l’approche de la prochaine succession présidentielle.

À la lecture du texte, plusieurs observateurs estiment que le Vice-Premier ministre, Téné Birahima Ouattara, apparaît comme l’une des principales figures renforcées par cette nouvelle répartition des responsabilités. Selon le décret, il est chargé d’assister le Premier ministre dans la coordination et l’animation de l’action gouvernementale. Le texte lui confère également d’importantes prérogatives en matière de défense, de sécurité et de coopération internationale. Il peut, en outre, présider le Conseil de gouvernement sur délégation.

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Un signal politique au sein du pouvoir

Pour plusieurs analystes et acteurs politiques, cette redistribution des rôles met en lumière les équilibres internes au sein du Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), au pouvoir depuis 2011. La place accordée au Vice-Premier ministre est interprétée par certains comme un signe de son poids croissant dans l’architecture gouvernementale.

Ces lectures s’inscrivent dans un contexte politique marqué par des recompositions au sein de la majorité présidentielle et par l’affaiblissement ou la marginalisation de certaines figures politiques. Des observateurs rappellent notamment les départs ou la mise en retrait de personnalités telles que Albert Mabri Toikeusse ou Marcel Amon-Tanoh, ainsi que les tensions politiques ayant entouré l’ancien dirigeant du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), Tidjane Thiam.

Un Parlement dominé par la majorité

La publication du décret intervient également dans un contexte parlementaire dominé par la majorité présidentielle. Les dernières législatives ont reconduit un Parlement largement acquis au pouvoir, bien que certains scrutins aient suscité des contestations locales. Des observateurs citent notamment les situations électorales de Tiassalé et de Toumodi, où la reprise du scrutin a précédé la victoire du député Alliali Kouakou.

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Des interrogations sur la succession présidentielle

Dans les milieux politiques et sur les réseaux sociaux, certains commentateurs voient dans ces évolutions les signes d’une préparation de la succession du président Alassane Ouattara, au pouvoir depuis 2011. Les partisans du RHDP parlent de continuité institutionnelle, tandis que des voix critiques évoquent la crainte d’une succession jugée « dynastique ».

Ces interprétations restent toutefois du domaine du débat politique et ne reposent pas sur des annonces officielles. Aucune déclaration formelle des autorités n’a confirmé un scénario de succession précis.

Un débat politique relancé

La publication du décret n°2026-84 intervient ainsi dans un climat politique marqué par des attentes fortes autour de l’avenir institutionnel du pays. À l’approche des prochaines échéances électorales, la question de la succession présidentielle et de l’équilibre des pouvoirs devrait continuer d’alimenter les débats publics en Côte d’Ivoire.

Par Gil-christ DJOSSOU.

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