Côte d’Ivoire / Venance Konan : « La démocratie du plus fort ».

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Côte d'Ivoire / Venance Konan : « La démocratie du plus fort ».

‎C’est notre Alpha Blondy national qui chantait que « la démocratie du plus fort est toujours la meilleure. »

Chacun peut interpréter cela comme il l’entend. Pour moi, il y a la démocratie des pays puissants et celle de nos pays de m… comme l’a si élégamment dit le président d’un pays très puissant. Et celle des pays puissants est forcément la meilleure.

Les vrais pays démocratiques, nous a-t-on toujours dit, sont, en gros ceux du monde occidental, à savoir, ceux de l’Europe de l’ouest, les Etats Unis, l’Australie, la Nouvelle Zélande, Israël, le Japon, la Corée du sud, l’Inde (dont on commence d’ailleurs à se demander si elle est encore une démocratie.)

Nous autres, républiques bananières ou cacaoyères, sommes des débrouillards de la démocratie. On ne sait pas toujours si nous sommes des dictatures, des démocratures ou des démocraties en gestation.

On dit que dans nos démocraties, on fait n’importe quoi. Par exemple, lorsqu’on a le pouvoir, on nomme ses parents à des postes importants, on leur octroie des faveurs, on s’éternise au pouvoir, on bafoue ses propres lois, on écrase les plus faibles, etc.‎

Voyons quelques pratiques des certains de nos pays vraiment démocratiques. Lorsqu’il fut élu président des Etats Unis, John Kennedy nomma son frère Robert ministre de la justice.

Lorsqu’il fut élu président pour la première fois, Donald Trump nomma son gendre, Jared Kushner, c’est-à-dire le mari de sa fille Ivanka, Haut Conseiller et directeur du Bureau américain pour l’innovation.

Toujours aux Etats Unis, avant de quitter le pouvoir, l’une des dernières décisions du président Jo Biden a été de gracier son propre fils qui avait des démêlés avec la justice.

Quant à son successeur, Donald Trump, l’une de ses premières décisions sitôt investi a été de gracier tous ceux qui avaient envahi la Capitole quatre ans plus tôt pour empêcher la proclamation de la victoire de Jo Biden et qui avaient été condamnés par la justice.

Et dans le même élan, il a renvoyé de l’administration certaines catégories de fonctionnaires qui avaient été nommés par son prédécesseur.

Et il a déclaré qu’il allait récupérer le canal de Panama qui appartient au Panama, pays souverain, ainsi que le Groenland qui apparient lui, au Danemark, pays tout autant souverain.

Au nom de quel droit ? De celui du plus fort. N’est-ce pas que la démocratie du plus fort est toujours la meilleure ?‎

Israël, allié des Etats Unis et de tous les autres pays occidentaux a méthodiquement massacré les Palestiniens de Gaza sous nos yeux, et a occupé complètement le Golan syrien après avoir détruit toutes les installations militaires de ce pays qui pourtant ne lui avait pas déclaré la guerre.

Maintenant c’est au tour des Palestiniens de la Cisjordanie de trinquer. L’objectif clair que tout le monde a fini par comprendre est de chasser tous les Palestiniens de leurs terres, au besoin en les massacrant, comme on l’avait fait jadis pour les « Indiens » d’Amérique.

Tout ça au nom de quoi ? Chut ! Israël est une démocratie. La seule au Moyen-Orient. Et c’est de l’antisémitisme que de le critiquer. Et ça coûte très cher, l’antisémitisme. ‎Voyons du côté de la France.

Là-bas, c’est François Mitterrand qui avait nommé son fils, un journaliste, conseiller aux affaires africaines. Jacques Chirac qui lui succéda nomma sa propre fille conseillère en communication.

Récemment, Gabriel Attal nommé Premier ministre nomma à son tour son compagnon Stéphane Séjourné ministre des Affaires étrangères.

Et actuellement un ancien président de la France est au tribunal parce qu’accusé d’avoir financé sa campagne électorale avec de l’argent qu’il a demandé à Kadhafi, l’horrible dictateur.

Kadhafi à qui il a fait la guerre sans raison, et qui a été tué. Pour qu’il ne parle pas ? Chut ! Nous parlons de la France, pays ô combien démocratique, pays des droits de l’Homme qui donne des leçons à tout le monde, surtout aux pays africains.‎

Je crois bien que notre erreur, compréhensible, vu que nous avons été vaincus et colonisés, a été de placer ces pays sur un piédestal et de les voir comme des modèles de vertu à suivre.

Nous nous sommes reniés pour être comme eux et nous voyons maintenant leurs vrais visages, qui ne sont pas très différents des nôtres. Il y a là-bas des vertueux, et des tordus.

Ce que nous avons à faire, c’est de tracer notre propre voie, sans pour autant rompre avec eux.

Nous avons encore beaucoup de choses à apprendre et à prendre d’eux. Mais nous devrions désormais chercher à nous appuyer sur notre propre culture, notre propre histoire pour tracer les sillons de notre avenir.

‎Venance Konan

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