Côte d’Ivoire / Venance Konan : « Opah, on veut avancer ! »
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Permettez-moi de vous proposer de larges extraits des propos tenus par Laurent Gbagbo le samedi dernier au cours d’une réunion avec la direction de son parti :
« je voudrais, à la fin de cette réunion, rappeler les enjeux de la lutte de cette année. Il y a une lutte dans l’autre. La première lutte, c’est mon inscription sur la liste. Et là, le secrétaire général a répondu tout à l’heure.
Et Alassane lui-même, le président de la république actuel a connu ça. Et pour l’aider en 1995, je n’ai pas déposé de candidature bien que mon dossier soit prêt…
A Pretoria, c’est moi qui ai pris l’initiative de dire à Thabo Mbeki : frère, je n’ai pas peur qu’Alassane soit candidat. Alassane était là ; Bédié était là…
Mais pendant que nous on préparait les élections, eux ils préparaient la fraude et ils préparaient la guerre aussi… Tout est ruine et désolation.
Tout est ruine et désolation. Mais enfin, mais enfin. Nous avons entrepris les travaux qu’il faut continuer et qu’il faut terminer. Et là, j’ai fait les travaux.
Au moment de la campagne, on va parler. Il y en a qui disent Gbagbo était là, il a fait quoi ? Je vais leur dire ce que j’ai fait. La guerre qu’ils ont amenée là, je l’ai contenue…
J’ai été élu le 22 octobre. J’ai prêté serment le 26 octobre. Nous avons fait le premier Conseil des ministres le 27 octobre.
On était au Conseil des ministres quand on m’a dit qu’il y a des morts à Yopougon…
J’ai fait quoi en deux mois pour qu’on nous attaque ? En deux mois, j’ai fait quoi qui mérite qu’une rébellion nous attaque. Mais ça, ce sont des débats qu’on va avoir… Moi je veux qu’on en parle.
Donc, si les gens veulent qu’on parle des rapports qu’on a lus, de ce qu’ils nous ont fait, ils vont nous expliquer les mesures que j’ai prises qui allaient contre les boubous parce que beaucoup disent qu’on ne peut pas porter de boubous. Moi-même j’étais en boubou. »
Opah, tu es encore dans ça ? As-tu remarqué que nous sommes en 2025, c’est-à-dire quinze ans après que tu as perdu l’élection et que tu as été chassé du pouvoir ?
La rébellion, c’était en 2002, c’est-à-dire qu’il y a 23 ans de cela. Opah, lors du débat télévisé qui t’avait opposé à Alassane Ouattara à la veille du second tour de l’élection présidentielle de 2010, tu avais annoncé que ti allais faire des déclarations fracassantes sur le coup d’Etat de 1999, sur la rébellion de 2002.
On a tous attendu, et puis, pschitt ! Rien. Tu avais toute la latitude d’apporter toutes les preuves que tu voulais, et tu n’as rien dit. Parce que tu n’avais rien.
Et c’est maintenant que tu annonces que tu vas parler ? Opah, ne nous fatigue plus. Nous sommes en 2025, nous avons vu les troisième, quatrième et cinquième ponts se construire à Abidjan, de nombreux autres à l’intérieur du pays, les nouvelles routes voir le jour, les anciennes être réhabilitées, l’autoroute se prolonger jusqu’à Bouaké, des hôpitaux et université sortir de terre partout, les villes de l’intérieur se moderniser, nous avons organisé la meilleure CAN de l’histoire de cette coupe…. Opah, nous, on avance.
Nous voyons notre pays avancer. S’il te plaît, ne nous ramène pas en arrière. Ne nous ramène pas dans des débats stériles qui ne servent qu’à nous diviser et qui ne nous apprendrons rien de nouveau.
Tu dis que tu as réalisé des travaux dont tu parleras pendant la campagne ? Mais Opah, nous savons tous comment tu as dirigé le pays.
Que vas-tu nous expliquer encore ? Nous savons tout ce que tu as fait, comment tu as dirigé le pays, nous avons jugé en 2010, et nous t’avons chassé du pouvoir au vu de ton bilan.
Qu’as-tu fait depuis que tu as quitté le pouvoir ? Tu as fait la prison, tu en es sorti, tu as humilié Simone le jour de ton retour, tu t’es marié, tu en es très heureux, nous le sommes aussi pour toi, et puis quoi d’autre ?
Opah, tu es dans ton passé que nous connaissons tous.
Nous, nous sommes dans le présent, et voulons nous projeter dans le futur, pour nous-mêmes, mais surtout pour nos enfants.
Tu dis que tu ne vois que ruine et désolation. Normal. Tu es resté bloqué sur la Côte d’Ivoire que tu avais laissée, celle qui était en ruine et dans la désolation, comme tu es resté bloqué sur l’idée que c’est toi qui as gagné l’élection de 2010.
Et ton esprit refuse de voir ce qui s’est passé après, durant ton absence. Nous te comprenons, Opah.
Opah, aime Nady qui est très charmante. Tu mérites d’être heureux. Soit heureux. Mais s’il te plait, nous, on veut avancer.
Venance Konan













