COUPS D’ÉTAT EN AFRIQUE : Quand l’armée attend l’erreur du pouvoir pour s’imposer
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Analyse politique de Tossoukpe Frédéric Herman — DUNIA NEWS
En observant le coup d’État qui a renversé Ali Bongo en 2023 au Gabon et celui ayant visé Umaro Sissoco Embaló en Guinée-Bissau, une similitude saute aux yeux :
les militaires n’interviennent pas pour arbitrer, mais pour s’emparer.
Ils semblent attendre patiemment l’erreur fatale, la faille, la confusion ou la contestation parfaite pour surgir… et prendre le pouvoir.
Pourtant, dans ces deux pays, il y avait bien une élection, donc un gagnant.
Si les chefs d’État en place tentaient réellement de truquer le scrutin, cela impliquerait qu’un autre camp avait gagné. Alors une question simple mais fondamentale se pose :
Pourquoi les militaires ne remettent-ils jamais le pouvoir au véritable vainqueur ?
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Un coup d’État — s’il devait avoir une légitimité quelconque — devrait servir à restaurer la volonté du peuple, pas à remplacer un chef d’État contesté par un militaire ambitieux.
Un coup d’État véritablement “républicain” placerait au pouvoir celui qui a réellement remporté la présidentielle. Il rétablirait l’ordre constitutionnel, au lieu de le piétiner.
Le rôle d’une armée républicaine n’est pas de gouverner
L’armée devrait demeurer :
• impartiale,
• neutre,
• au-dessus des querelles politiques,
• garante de la stabilité et non créatrice du chaos.
Si les forces armées intervenaient uniquement pour défendre la vérité des urnes, les choses changeraient radicalement :
• moins d’élections contestées,
• moins de violences pré- et post-électorales,
• davantage de stabilité,
• et une transition démocratique apaisée.
Mais la réalité est tout autre : les armées veulent gouverner
Dans beaucoup de pays africains, l’armée n’est plus seulement un instrument de défense.
Elle est devenue un acteur politique, parfois même un acteur principal.
Au lieu de protéger la République, certaines factions militaires :
• s’allient à des politiciens,
• pactisent avec des intérêts étrangers,
• attendent que le pays vacille,
• espèrent l’erreur du président en place,
• et rêvent d’un putsch présenté comme un “sauvetage”.
On assiste alors à une dérive dangereuse :
les militaires ne surveillent plus les frontières, ils surveillent la présidence.
Le pouvoir attire, séduit, corrompt. Et lorsque l’armée se prend au jeu, la démocratie n’est plus qu’une façade.
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Pauvre Afrique…
Un continent où l’armée devrait rassurer, mais inquiète.
Où la force publique devrait défendre la loi, mais finit par la confisquer.
Où les armes devraient protéger le peuple, mais parfois brisent sa volonté.
L’Afrique ne manque pas d’hommes d’État.
Elle manque de militaires républicains, ceux qui savent que leur place n’est pas au palais, mais dans la défense de la nation.
Analyse politique et critique réalisée par Tossoukpe Frédéric Herman
Rédaction : DUNIA NEWS
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