Crise à Gaza : L’Égypte rejette fermement le projet israélien de « ville humanitaire » à Rafah

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Crise à Gaza : L'Égypte rejette fermement le projet israélien de "ville humanitaire" à Rafah

Le gouvernement égyptien a exprimé une vive opposition au projet israélien de création d’une « ville humanitaire » dans le sud de la bande de Gaza, sur les ruines de Rafah. Le Caire craint que ce plan ne provoque un exode massif de Palestiniens vers son territoire, avec des conséquences sécuritaires et humanitaires majeures.

Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, a rejeté catégoriquement cette proposition lors d’un entretien téléphonique avec l’émissaire américain pour le Moyen-Orient, Steven Witkoff. Le projet prévoit l’installation d’un camp fermé destiné à accueillir environ 600 000 déplacés palestiniens. Une fois installés, ces derniers seraient privés de retour dans leurs régions d’origine, selon le document israélien.

Pour l’Égypte, ce projet s’apparente à un déplacement forcé et constitue une ligne rouge. « Il n’y a pas de déplacement, pas d’évacuation de la terre palestinienne, ni de jeu avec leur cause », a déclaré un citoyen égyptien interrogé par nos soins, reflétant une position largement partagée par l’opinion publique locale.

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D’autres témoignages soulignent le caractère profondément injuste du plan : « Cette terre appartient aux Palestiniens depuis les temps anciens. Il n’est pas normal que quelqu’un en prenne possession simplement parce qu’ils n’ont ni armée ni défense », dénonce Mohamed Hani, habitant du Caire.

La Ligue arabe a également condamné l’initiative, y voyant une nouvelle étape dans ce qu’elle qualifie de « stratégie de nettoyage ethnique » menée par Israël. Le directeur du Centre Al-Araby pour la recherche, Mohamed Al-Sherif, va plus loin : « Israël ne connaît pas l’humanité. Même sous couvert de l’aide humanitaire, des pièges sont tendus à nos frères palestiniens. »

Le Caire redoute également que la création de ce camp n’engendre un afflux incontrôlé de réfugiés à la frontière, risquant de remettre en cause l’équilibre sécuritaire dans la zone tampon entre l’Égypte et Gaza. Un tel déploiement israélien violerait les termes du traité de paix signé entre les deux pays en 1979.

En Israël même, le projet divise. Certains responsables politiques et membres de la société civile s’inquiètent des coûts financiers et de l’image internationale du pays. Des voix s’élèvent également dans les diasporas juives d’Europe et des États-Unis, craignant que cette politique ne ravive les tensions et n’alimente davantage l’antisémitisme.

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Au moment où le conflit s’étend à d’autres fronts, notamment avec des milices proches de l’Iran, les critiques pleuvent sur Tel-Aviv. « La liquidation de la cause palestinienne n’apportera pas la sécurité à Israël », avertit Mohamed Al-Sherif.

La crise humanitaire à Gaza reste donc au cœur des préoccupations régionales et internationales. Mais pour l’Égypte et ses partenaires arabes, l’enracinement des populations palestiniennes sur leur terre demeure une ligne de résistance non négociable.

Imam chroniqueur Babacar Diop
babacar19diop76@gmail.com

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