Crise à l’Est de la RDC : l’AFC/M23 accuse Kinshasa de saboter les pourparlers de paix au Qatar
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Par imam chroniqueur Babacar Diop
La tension monte à nouveau dans l’Est de la République démocratique du Congo, alors que les espoirs de paix s’effritent au fil des jours. Le mouvement politico-militaire Alliance Fleuve Congo (AFC/M23), actif dans la région, a vivement critiqué le gouvernement congolais, l’accusant de compromettre les négociations en cours au Qatar.
Dans un message publié ce dimanche 6 juillet sur la plateforme X (anciennement Twitter), l’AFC/M23 dénonce un « déploiement massif et provocateur » de troupes congolaises sur les lignes de front, en violation de l’esprit de dialogue instauré par les pourparlers de Doha. Le mouvement affirme que ces opérations impliqueraient également la participation de la Force de Défense Nationale du Burundi, ce qui, selon lui, constitue « une insulte directe aux efforts de médiation » entrepris par les parties internationales.
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Ces accusations interviennent alors que les négociations de paix, relancées sous l’égide du Qatar avec l’appui des États-Unis, peinent à produire des résultats tangibles. Un accord préliminaire avait pourtant été signé à Washington en avril dernier entre la RDC et le Rwanda, avec pour objectif de jeter les bases d’une résolution durable du conflit qui ravage l’Est congolais depuis plusieurs années.
L’AFC/M23, qui avait déjà accusé Kinshasa de bloquer les discussions la semaine précédente, affirme qu’elle se réserve désormais le droit de défendre ses positions et de protéger les populations civiles face à ce qu’elle qualifie d’« agression militaire criminelle ».
De son côté, le gouvernement congolais rejette les accusations de mauvaise foi. Dans une déclaration rendue publique le 3 juillet, la ministre d’État aux Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba, a réaffirmé l’engagement de Kinshasa à poursuivre les négociations à Doha. Elle a assuré que la RDC reste « ouverte au dialogue » tout en défendant « sa souveraineté et son intégrité territoriale ».
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Le processus de paix bénéficie du soutien de plusieurs médiateurs internationaux, dont l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo, qui joue un rôle actif dans la facilitation des discussions. Toutefois, sur le terrain, les affrontements se poursuivent, entraînant de nouveaux déplacements de population. Selon le HCR, près de 63 000 personnes auraient déjà fui vers le Burundi en moins d’un mois.
Alors que la communauté internationale appelle à la désescalade, l’avenir des pourparlers semble suspendu à la volonté réelle des parties de mettre fin aux hostilités. Pour l’heure, la paix reste un mirage dans une région où les armes continuent de parler plus fort que les mots.













