Crise à Lomé : le Burkina Faso, le Mali et le Niger claquent la porte de l’UEMOA
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Nouvel épisode de tensions diplomatiques en Afrique de l’Ouest. Le Burkina Faso, le Mali et le Niger, membres de l’Alliance des États du Sahel (AES), ont quitté ce vendredi la 2e session ordinaire du Conseil des ministres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), tenue à Lomé. Motif : un désaccord sur la présidence tournante de l’organisation.
Une présidence contestée
Selon l’article 11 du traité de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA), la présidence du Conseil des ministres doit revenir à tour de rôle à l’un des ministres des Finances des huit États membres, pour un mandat de deux ans. La Côte d’Ivoire occupe actuellement ce poste, et le Burkina Faso était pressenti pour assurer la relève.
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Mais l’absence de consensus sur cette succession a provoqué la colère des représentants burkinabè, maliens et nigériens, qui ont préféré quitter la salle. « Conformément à l’article 11 du traité de l’UMOA, la présidence revient de droit à notre pays », ont fait savoir les autorités burkinabè dans un communiqué lu à la télévision nationale (RTB) et relayé par l’agence Anadolu.
L’AES face aux organisations régionales
Cette rupture s’inscrit dans une dynamique plus large de prise de distance des trois pays sahéliens vis-à-vis des institutions régionales. Déjà en janvier 2024, le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont acté leur retrait de la CEDEAO, qu’ils accusent d’ingérence et de partialité. Depuis, l’Alliance des États du Sahel, qu’ils ont fondée officiellement le 6 juillet 2024, apparaît comme un bloc politique et stratégique en opposition croissante avec les structures ouest-africaines traditionnelles.
Le départ spectaculaire de Lomé vient ainsi accentuer les fractures au sein de l’UEMOA, où l’unité et le respect des règles de fonctionnement semblent mis à rude épreuve.
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Silence du côté de l’UEMOA
Jusqu’à présent, l’organisation basée à Ouagadougou n’a pas émis de déclaration officielle sur l’incident. Reste à savoir si des médiations seront engagées pour apaiser les tensions et préserver la cohésion régionale, alors même que l’espace UEMOA fait face à des défis économiques et sécuritaires majeurs.
imam chroniqueur Babacar Diop













