Crise à Ormuz : l’Afrique à nouveau sous pression énergétique
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Alors que le détroit d’Ormuz est de nouveau sous tension, l’Afrique fait face à une menace énergétique majeure qui rappelle cruellement sa dépendance vis-à-vis des importations. Ce point de passage maritime stratégique, par où transite près de 20 % du pétrole mondial et 30 % du gaz naturel liquéfié (GNL), est devenu un nouveau foyer d’inquiétude géopolitique.

La pandémie de COVID-19 avait d’abord plongé le marché mondial dans un effondrement inédit de la demande énergétique, provoquant une baisse temporaire des prix. Ce sursis, bien qu’apprécié par les pays importateurs africains, avait révélé une dépendance structurelle et l’absence d’investissements dans les capacités locales.
À peine remise de ce choc, l’Afrique a été percutée par la guerre en Ukraine. Résultat : explosion des prix du pétrole, des fertilisants et du transport maritime. Aujourd’hui, avec les tensions autour du détroit d’Ormuz – où transite chaque jour quelque 20 millions de barils –, une nouvelle flambée des prix menace directement l’économie africaine.
L’Iran a récemment voté une résolution symbolique évoquant une fermeture du détroit. Un blocus total semble peu probable, car il nuirait aussi aux intérêts iraniens. Toutefois, selon les experts, un simple blocage temporaire pourrait suffire à faire grimper le prix du baril au-delà de 130 dollars. Les marchés ont déjà réagi : le Brent a augmenté de 5,7 % en une seule journée.
Oxford Economics estime qu’un blocage d’Ormuz pourrait faire reculer le PIB mondial de 0,3 à 0,5 %. Les pays africains, dépendants des importations énergétiques, seraient parmi les plus durement touchés.
Contrairement à la pandémie, qui avait entraîné un effondrement de la demande, la crise actuelle frappe l’offre mondiale : pétrole, gaz, engrais, transport maritime. Les répercussions sont immédiates : hausse des prix, rupture des chaînes logistiques, inflation galopante. L’Afrique, qui avait profité de prix bas en 2020, subit aujourd’hui de plein fouet la montée des coûts.
Face à cette pression, le Sénégal tente de reprendre la main. Avec les projets pétrolier Sangomar et gazier GTA (Grand Tortue Ahmeyim), Dakar vise une meilleure maîtrise de ses ressources et une réduction progressive de sa facture énergétique. Ces projets doivent générer à moyen terme des recettes fiscales, soutenir l’industrialisation locale et amortir les chocs exogènes.
La Mauritanie et le Ghana misent également sur l’exploitation de leurs gisements pour renforcer leur autonomie.
Cette nouvelle crise rappelle aux pays africains la nécessité d’anticiper. La souveraineté énergétique ne se décrète pas dans l’urgence : elle se bâtit. Cela suppose des choix stratégiques : développement des capacités de raffinage, création de réserves, coopération régionale, diversification des approvisionnements. L’Afrique de l’Ouest s’oriente vers le gaz, l’Afrique australe explore la diversification, le Maghreb s’appuie sur ses infrastructures existantes.
Au-delà des effets immédiats sur les prix et la logistique, la leçon est claire : sans vision à long terme, chaque nouvelle crise géopolitique se traduira par une instabilité économique majeure pour le continent.
À retenir : Le détroit d’Ormuz redevient un point chaud mondial. L’Afrique, encore fragile face aux chocs énergétiques, doit accélérer sa marche vers l’autonomie. Le Sénégal, parmi d’autres, commence à poser les jalons de sa souveraineté.













