Crise diplomatique : L’Algérie riposte à la France et saisit l’ONU après des restrictions sur ses valises diplomatiques
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Par Imam chroniqueur
Babacar Diop

Alger-Paris, un nouveau front de tensions s’ouvre. L’Algérie a officiellement annoncé, ce jeudi 24 juillet 2025, l’application du principe de réciprocité à l’encontre de la France, après que Paris a interdit à ses agents diplomatiques l’accès aux zones réservées des aéroports français pour la récupération de leurs valises diplomatiques. Dans une démarche rare, Alger a également décidé de saisir les Nations Unies, dénonçant une violation flagrante de la Convention de Vienne.
Une décision jugée opaque et unilatérale
Le ministère algérien des Affaires étrangères s’est dit « étonné » par cette décision, qu’il juge prise « dans l’opacité totale », sans consultation ni notification officielle. Selon les autorités algériennes, la mesure serait survenue à l’initiative du ministère français de l’Intérieur, à l’insu même du Quai d’Orsay, ce qui a provoqué l’ire d’Alger.
En réaction immédiate, le chargé d’affaires de l’ambassade de France en Algérie a été convoqué pour fournir des explications sur ce que l’Algérie considère comme un geste inamical et contraire aux usages diplomatiques.
Violation du droit international selon Alger
Alger invoque explicitement l’article 27, alinéa 7, de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques de 1961, qui garantit aux missions diplomatiques le droit d’envoyer un représentant récupérer la valise diplomatique, sans entrave.
Pour l’Algérie, il s’agit là d’« une atteinte grave au bon fonctionnement de sa mission diplomatique » et d’un acte qui porte atteinte aux fondements du droit diplomatique international. C’est dans cette optique que le pays a décidé de porter l’affaire devant l’ONU.
Un climat déjà tendu entre les deux pays
Cette nouvelle friction s’inscrit dans un contexte bilatéral déjà tendu. La France avait récemment durci les conditions d’entrée sur son territoire pour les hauts responsables algériens, dans une logique de fermeté sur les questions migratoires et sécuritaires.
Le dialogue politique, déjà vacillant, semble de plus en plus compromis. Le président Abdelmadjid Tebboune avait d’ailleurs récemment qualifié les échanges avec Emmanuel Macron de « perte de temps », une formule qui témoigne d’un désenchantement durable entre les deux capitales.
À ces tensions s’ajoutent d’anciens différends non résolus : mémoire coloniale, Sahara occidental, expulsions de ressortissants, et autres litiges diplomatiques récurrents. Ce nouvel épisode des valises diplomatiques ne fait que cristalliser une relation devenue hautement inflammable.
Vers une escalade ?
L’évolution de la situation dépendra largement de la réaction de Paris, encore silencieuse sur le fond. Si aucune désescalade rapide n’est engagée, cette affaire pourrait accentuer l’isolement diplomatique entre les deux pays et compliquer davantage la coopération bilatérale en matière de sécurité, de lutte contre l’immigration clandestine et d’échanges économiques.
Imam chroniqueur Babacar Diop
babacar19diop76@gmail.com













