Crise diplomatique naissante : La Côte d’Ivoire réfute les accusations de tentative de coup d’État au Burkina Faso
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Les autorités ivoiriennes ont catégoriquement rejeté, ce samedi, les accusations formulées par le gouvernement burkinabè, selon lesquelles Abidjan serait impliqué dans une tentative de déstabilisation contre le capitaine Ibrahim Traoré, actuel président de la transition au Burkina Faso.
Ces allégations, rendues publiques en début de semaine par le ministère burkinabè de la Sécurité, faisaient état d’une opération de coup d’État qui aurait été, selon eux, coordonnée depuis le territoire ivoirien. En réponse, Amadou Coulibaly, porte-parole du gouvernement ivoirien, s’est montré particulièrement critique. « Je ne sais même plus à la quelième accusation on en est. J’attends encore les preuves de la dernière accusation », a-t-il déclaré lors d’un point de presse, minimisant la gravité de ces accusations qu’il juge sans fondement.
Un climat de méfiance dans la région
Ces tensions surviennent dans un contexte sous-régional extrêmement sensible. Depuis 2022, plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, dont le Mali, le Burkina Faso et le Niger, ont connu des coups d’État militaires successifs, bouleversant les équilibres politiques et diplomatiques établis. Au Burkina Faso, le capitaine Ibrahim Traoré est arrivé au pouvoir en septembre 2022 à la faveur d’un putsch qui a renversé le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba. Depuis, le pays est en proie à une instabilité chronique, exacerbée par les défis sécuritaires liés aux attaques jihadistes.
La Côte d’Ivoire, de son côté, tente de maintenir sa stabilité politique sous la présidence d’Alassane Ouattara, après une décennie marquée par la crise post-électorale de 2010-2011. Abidjan joue un rôle important dans l’économie régionale et s’efforce de préserver des relations diplomatiques apaisées avec ses voisins.
Un incident révélateur de tensions latentes
Pour de nombreux analystes, ces accusations du Burkina Faso contre la Côte d’Ivoire pourraient s’inscrire dans une stratégie politique interne. Elles pourraient viser à détourner l’attention de l’opinion publique des défis sécuritaires et sociaux majeurs auxquels fait face le régime de transition burkinabè.
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« Quand un pouvoir est fragilisé, il arrive souvent que l’on cherche des boucs émissaires à l’extérieur pour resserrer les rangs à l’intérieur », explique un expert régional des affaires ouest-africaines. D’autant plus que la défiance vis-à-vis des puissances étrangères et de certains voisins est devenue un ressort politique courant chez plusieurs gouvernements militaires en Afrique de l’Ouest.
Appel au dialogue
Face à cette montée de tension, plusieurs voix s’élèvent pour appeler à l’apaisement et au dialogue. Des organisations régionales telles que la CEDEAO (Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest), bien que fragilisées par la succession de crises, pourraient jouer un rôle de médiation pour prévenir une dégradation des relations bilatérales.
Pour l’heure, aucun élément matériel ne semble confirmer les accusations du Burkina Faso, et la Côte d’Ivoire maintient sa position de dénégation catégorique.
La situation reste cependant à surveiller de près, dans une région où la stabilité politique demeure précaire et où la moindre étincelle peut rapidement embraser des relations déjà fragiles.
imam chroniqueur Babacar Diop













