Crise du sable : le secteur du bâtiment sénégalais frappé de plein fouet

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Crise du sable : le secteur du bâtiment sénégalais frappé de plein fouet

Le sable, composant essentiel du secteur du bâtiment, devient une denrée rare et chère au Sénégal. Face à une hausse fulgurante des prix et à une raréfaction des carrières autorisées à l’exploitation, les acteurs du secteur s’enfoncent dans une crise profonde, menaçant des milliers d’emplois et aggravant la crise du logement.

Une flambée sans précédent

Dans son modeste dépôt adossé à une tente précaire, Cheikh Lèye, vendeur de sable, ne cache pas son désarroi. Les yeux plissés sous les rafales de vent et de poussière, il surveille le déchargement d’un camion-benne venu livrer une cargaison précieuse. « Quand on m’a annoncé le nouveau prix, j’étais tétanisé », confie-t-il. Le mètre cube de sable de construction, autrefois accessible, est désormais devenu un luxe. Le prix d’un camion de 20 m³ est passé de 70.000 à 150.000 FCFA. Une augmentation de plus de 100 %, que ce vendeur pourtant expérimenté peine à expliquer.

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Des carrières fermées, des camions à l’arrêt

Selon Assane Diène, chauffeur de camion contacté par nos soins, le cœur du problème réside dans la fermeture de nombreuses carrières non conformes aux exigences environnementales et administratives. « Il ne reste que trois carrières ouvertes : à Kagnack, Tivaouane et Khombole. C’est très insuffisant pour toute la demande de Dakar et environs », explique-t-il. La conséquence est directe : files d’attente interminables, délais de chargement rallongés, et multiplication des trajets coûteux. « On a tenté une grève il y a trois semaines, mais l’État n’a pas réagi. On a repris les livraisons à perte », ajoute-t-il avec amertume.

Une crise aux répercussions économiques multiples

Cette tension sur l’approvisionnement en sable pèse lourdement sur l’ensemble de la chaîne du bâtiment. Maçons, vendeurs, transporteurs, promoteurs immobiliers… tous ressentent les secousses. Ousmane Bâ, lui aussi vendeur de sable, témoigne : « Beaucoup de vendeurs ont déserté la zone. L’activité est au ralenti, et certains ouvriers ont du mal à payer leur déjeuner ».

Au-delà des acteurs directs, la population paie aussi le prix fort. Le coût de construction des logements grimpe, rendant encore plus inaccessible l’achat d’un toit pour les classes moyennes et modestes. Le secteur immobilier, moteur de croissance et d’emplois, se retrouve asphyxié par cette flambée incontrôlée.

Appel à des solutions durables

Face à l’ampleur de la crise, les professionnels du secteur espèrent des mesures concrètes de l’État. Une régulation plus souple mais respectueuse de l’environnement, une meilleure organisation du transport, et une transparence sur les circuits d’exploitation pourraient permettre un retour progressif à la normale.

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En attendant, le sable devient synonyme de blocage, et le rêve de construire un toit s’éloigne pour de nombreux Sénégalais. Comme le résume Cheikh Lèye, résigné : « Le sable, on ne le voit plus comme un tas de grains. C’est devenu un indicateur de crise ».

Encadré – Les chiffres de la crise :

Prix du camion de 20 m³ : de 70.000 à 150.000 FCFA

Carrières en activité : seulement 3 (Kagnack, Tivaouane, Khombole)

Impact direct : baisse de revenus pour les vendeurs, retards de chantiers, flambée de l’immobilier

Imam chroniqueur Babacar Diop
babacar19diop76@gmail.com

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