Crise humanitaire à la frontière burundaise : des dizaines de milliers de Congolais fuyant l’offensive du M23
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L’escalade de la violence dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) continue de provoquer des déplacements massifs de populations. Selon l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), plus de 84 000 Congolais ont récemment trouvé refuge au Burundi, après avoir fui les combats dans la province du Sud-Kivu.
Depuis plusieurs jours, les équipes du HCR s’efforcent de répondre à l’urgence humanitaire en fournissant abris temporaires, eau potable et vivres aux nouveaux arrivants. Mais sur le terrain, les moyens restent largement insuffisants. Dans le camp de réfugiés de Busuma, l’un des principaux sites d’accueil, les infrastructures sont désormais saturées.
« Nous avons besoin d’abris, d’eau et de nourriture. Les besoins sont immenses et nos ressources limitées », témoigne Simplice Kpandji, membre du personnel du HCR, soulignant l’ampleur de la détresse humanitaire.
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Cette nouvelle vague de réfugiés est directement liée à l’offensive rapide du mouvement rebelle M23, accusé par plusieurs sources internationales d’être soutenu par le Rwanda. La prise de la ville stratégique d’Uvira la semaine dernière a provoqué une panique généralisée parmi les populations civiles. Bien que le groupe armé ait annoncé son retrait partiel de la localité, les autorités du Sud-Kivu n’étaient pas en mesure de confirmer cette information.
Les autorités régionales font état d’un bilan humain lourd, avec plus de 400 morts et environ 200 000 personnes déplacées à la suite des affrontements. L’avancée du M23 vers Uvira a également ravivé les craintes d’une extension régionale du conflit, le Burundi maintenant depuis plusieurs années des troupes dans l’est de la RDC.
Cette reprise des hostilités survient pourtant dans un contexte diplomatique censé favoriser l’apaisement. Un accord de paix, négocié par les États-Unis, a été signé récemment à Washington par les présidents congolais et rwandais. Toutefois, Washington a accusé Kigali de violer cet engagement en continuant de soutenir la progression du M23, avertissant que des sanctions pourraient être envisagées contre toute tentative de sabotage du processus de paix.
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Bien que le texte de l’accord ne mentionne pas explicitement le M23, il engage le Rwanda à cesser tout soutien aux groupes armés et à œuvrer pour la fin des violences. Le gouvernement congolais, les États-Unis et des experts des Nations Unies estiment que les effectifs du M23 sont passés de quelques centaines de combattants en 2021 à près de 6 500 aujourd’hui, preuve, selon eux, d’un appui extérieur structuré.
Avec plus d’une centaine de groupes armés opérant dans l’est de la RDC, une région riche en minerais stratégiques, le pays fait face à l’une des pires crises humanitaires au monde. Le HCR estime que plus de sept millions de personnes sont actuellement déplacées, à l’intérieur du territoire congolais ou dans les pays voisins.
Imam chroniqueur
Babacar Diop













