Crise médicale au Cameroun : l’Ordre national des médecins tire la sonnette d’alarme

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Crise médicale au Cameroun : l’Ordre national des médecins tire la sonnette d’alarme

À l’issue de la récente Assemblée générale ordinaire de l’Ordre national des médecins du Cameroun (ONMC) tenue à Douala, son président, le Dr Rodolphe Fonkoua, a lancé une alerte grave sur l’avenir du système de santé camerounais. Selon lui, le pays fait face à une pénurie préoccupante de médecins, aggravée par un manque de recrutements publics et une fuite massive des jeunes médecins à l’étranger.

« Depuis cinq ans, l’État, qui était le plus grand employeur, ne recrute plus », a déclaré le Dr Rodolphe Fonkoua. « Chaque année, environ 800 jeunes médecins sont formés. Et nous sommes convaincus que plus de la moitié quittent le pays », a‑t‑il alerté devant les membres de l’Ordre. Une situation qui menace directement l’accès aux soins et la qualité des services médicaux au Cameroun.

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L’Ordre national des médecins du Cameroun est l’organisme professionnel chargé de réguler la profession médicale, d’encadrer l’exercice légal de la médecine et de défendre les intérêts des praticiens sur le plan déontologique et social depuis sa création en 1957. Il est aujourd’hui l’interlocuteur privilégié du gouvernement en matière de politique sanitaire.

Présidé depuis décembre 2023 par le Dr Rodolphe Fonkoua, figure médicale de longue date et promoteur de la Polyclinique Idimed à Douala, l’ONMC représente une communauté d’environ 12 000 médecins inscrits au tableau national de l’ordre.

Lors de l’assemblée générale, le Dr Fonkoua a exprimé sa profonde inquiétude face à une conjoncture préoccupante : des centaines de jeunes médecins formés chaque année ne trouvent pas d’emploi stable dans le secteur public, faute de recrutement par l’État, qui demeure historiquement le plus grand employeur de personnel de santé. Cette stagnation des embauches, qui perdure depuis plusieurs années, crée un effet d’éviction : de nombreux jeunes diplômés choisissent d’émigrer vers d’autres pays ou d’exercer dans des cabinets privés, souvent hors du territoire national.

Cette situation prend place dans un contexte où la population camerounaise continue de croître, augmentant la demande en soins médicalisés, alors que le ratio médecins/habitants demeure faible face aux standards internationaux de santé publique. La non‑intégration de ces médecins formés dans le tissu sanitaire national présente des risques de déperdition de compétences essentielles, en particulier dans les régions les plus difficiles d’accès.

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Les responsables de l’ONMC n’ont pas seulement sonné l’alarme ; ils ont aussi proposé des mesures urgentes pour remédier à cette crise :

  • Recrutement massif de médecins dans la fonction publique, pour absorber les diplômés et réduire la pression migratoire.
  • Révision des salaires et des conditions de travail, afin de rendre la carrière médicale plus attrayante et durable au Cameroun.
  • Renforcement des perspectives de carrière et de formation continue, pour lutter contre l’exode des compétences et valoriser l’expertise locale.

Ces recommandations ont été accueillies avec intérêt par certains acteurs du secteur, qui estiment que sans une réponse structurée, le système de santé national risque d’être « à bout de souffle », surtout dans les zones rurales et périphériques où l’accès aux soins est déjà limité.

L’alerte lancée par l’Ordre national des médecins du Cameroun est un appel à la responsabilité collective. Au‑delà de l’urgence sanitaire, c’est une question de justice sociale et de souveraineté nationale : garantir que chaque Camerounais puisse accéder à des soins qualifiés, dans un système où les médecins sont valorisés, recrutés et motivés à servir sur place. Sans une réponse rapide et coordonnée entre l’État, les professionnels de santé et les partenaires, la pénurie de praticiens pourrait transformer une fragilité structurelle en crise durable.

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Celine Dou

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