Crise politique au Japon : le Premier ministre Shigeru Ishiba envisage la dissolution anticipée du Parlement

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PAR IMAM CHRONIQUEUR BOUBACAR DIOP

Crise politique au Japon : le Premier ministre Shigeru Ishiba envisage la dissolution anticipée du Parlement

Le Premier ministre japonais Shigeru Ishiba étudie sérieusement la possibilité de dissoudre la Chambre des représentants, en réponse à une menace croissante d’une motion de censure portée par l’opposition.

Cette décision, qualifiée de stratégique par plusieurs analystes politiques, pourrait être mise en œuvre avant même que la motion ne soit officiellement soumise au vote.

Selon les dernières informations relayées par l’agence de presse Kyodo News, cette éventualité intervient dans un contexte de forte tension parlementaire.

La coalition au pouvoir, composée du Parti libéral-démocrate (LDP) et de son partenaire traditionnel, le Komeito, ne détient actuellement que 215 sièges sur les 465 que compte la chambre basse.

Ce déficit empêche le gouvernement d’obtenir la majorité absolue requise pour faire adopter ses projets de loi.

La menace d’une motion de censure a été émise par le Parti constitutionnel démocrate du Japon (PCDJ), principale force d’opposition, qui critique sévèrement le projet controversé de réforme des retraites.

Ce dernier, s’il était mis à l’ordre du jour, pourrait bien précipiter l’effondrement de l’actuel exécutif.

Une dissolution en guise de contre-attaque

Dans les cercles gouvernementaux, la perspective d’une dissolution de la Chambre est perçue comme une manœuvre politique permettant à Ishiba de reprendre l’initiative.

En convoquant des élections anticipées, il espère capitaliser sur une éventuelle mobilisation populaire favorable et affaiblir l’opposition avant qu’elle ne prenne de l’élan.

La Constitution japonaise autorise en effet le Premier ministre à dissoudre la Chambre des représentants à tout moment, sans attendre l’expiration du mandat actuel, prévue pour l’automne 2028.

Toutefois, cette procédure reste une arme à double tranchant, car elle implique de remettre tous les sièges en jeu dans un climat politique incertain.Inflation, mécontentement populaire et tensions commerciales

Le gouvernement Ishiba est également confronté à une série de défis économiques majeurs, au premier rang desquels figure l’inflation.

La hausse des prix de l’alimentation de base, notamment du riz, suscite un vif mécontentement au sein de la population.

Cette colère a été exacerbée par des propos jugés méprisants du ministre de l’Agriculture, Taku Eto, récemment contraint à la démission.

Il avait déclaré qu’il n’avait jamais eu besoin d’acheter du riz, vivant grâce aux dons, une déclaration perçue comme insultante en période de crise.

Parallèlement, les relations commerciales avec les États-Unis connaissent un regain de tension. Tokyo a récemment demandé à Washington de revoir les droits d’importation de 25 % sur les automobiles japonaises.

Si certaines surtaxes américaines ont été suspendues, des droits de base de 10 %, ainsi que des taxes sur l’acier et l’aluminium, continuent de peser lourdement sur l’économie nippone.

Une équation politique complexe

La situation actuelle place Shigeru Ishiba dans une position délicate. Entre les pressions internes liées à la gestion de la crise économique et les risques politiques qu’impliquerait une dissolution, le chef du gouvernement doit manœuvrer avec prudence.

S’il espère regagner une majorité au Parlement, il devra convaincre un électorat de plus en plus méfiant et impacté par les difficultés économiques.

La décision finale pourrait être prise dans les jours à venir, selon l’évolution des débats parlementaires et des initiatives de l’opposition.

En attendant, le Japon se trouve suspendu à un équilibre instable entre joute politique et impératifs sociaux.

Imam chroniqueur Babacar Diop

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