Crises oubliées : du Soudan du Sud au Zimbabwe, cinq dossiers mondiaux éclipsés par la tension irano-américaine
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Alors que la communauté internationale reste focalisée sur les tensions entre les États-Unis, Israël et l’Iran, plusieurs dossiers internationaux passent presque inaperçus, alors qu’ils influencent pourtant directement la stabilité régionale et mondiale.
Au Soudan du Sud, la situation sécuritaire devient de plus en plus préoccupante. L’armée nationale a donné un ultimatum exigeant l’évacuation des civils et des Casques bleus de la ville d’Akobo, située dans le nord-est du pays, près de la frontière éthiopienne. Les forces armées ont fixé un délai de 72 heures à la Mission des Nations Unies (MINUSS) pour quitter la zone en prévision d’une offensive militaire. La MINUSS a toutefois refusé de se retirer, affirmant qu’elle maintiendrait sa présence afin de protéger les populations locales. Les responsables onusiens ont averti que toute opération militaire dans cette région pourrait mettre gravement en danger la sécurité des civils, ravivant les craintes d’un retour à la guerre civile.
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En Afrique australe, le Zimbabwe traverse une crise politique profonde. L’organisation Human Rights Watch (HRW) dénonce une intensification de la répression contre les opposants politiques. Le parti au pouvoir, la ZANU-PF, prépare un amendement constitutionnel destiné à prolonger les mandats du président Emmerson Mnangagwa et du Parlement, passant de cinq à sept ans. Cette mesure repousserait les prochaines élections de 2028 à 2030, et plusieurs membres de l’opposition ont été victimes de violences physiques et de menaces émanant d’individus armés non identifiés ainsi que de la police.
Sur le plan judiciaire international, le Royaume-Uni a lancé un procès historique. Salem Michel al-Salem, ancien colonel syrien âgé de 58 ans, est comparu virtuellement devant le tribunal de Westminster pour trois chefs d’accusation de meurtre qualifiés de crimes contre l’humanité, liés à la répression des manifestations en Syrie en avril et juillet 2011. Selon la police britannique, il s’agit de la première poursuite de ce type engagée sur le sol britannique.
Toujours en Syrie, des développements politiques significatifs ont eu lieu. Le président Ahmed al-Sharaa, au pouvoir depuis la chute de Bachar al-Assad en décembre 2024, a nommé Sipan Hamo vice-ministre de la Défense pour les territoires de l’Est. Ancien commandant des Unités de protection du peuple (YPG), Sipan Hamo rejoint le gouvernement dans le cadre d’un accord parrainé par les États-Unis visant à réintégrer les forces kurdes dans les institutions étatiques et à mettre fin aux affrontements avec l’armée régulière.
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Enfin, sur le plan culturel et artistique, l’Italie a réalisé un investissement historique. Le ministère de la Culture a acquis un portrait du peintre baroque Le Caravage, représentant Monseigneur Maffeo Barberini, pour près de 35 millions de dollars. Peinte vers 1598, cette œuvre rejoint la collection nationale italienne après l’achat récent d’une toile d’Antonello de Messine pour 14,9 millions de dollars, confirmant l’intérêt croissant de l’État italien pour la préservation et l’enrichissement de son patrimoine artistique.
Ainsi, malgré le projecteur médiatique braqué sur la crise irano-américaine, ces dossiers – militaires, politiques, judiciaires et culturels – continuent de redessiner les équilibres régionaux et mondiaux, rappelant que le monde est en mouvement permanent, même lorsque l’attention internationale se focalise ailleurs.
Par imam chroniqueur
Babacar Diop













