Dabakh : l’harmonie entre le spirituel et le temporel
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Serigne Abdoul Aziz Sy, communément appelé « Dabakh » (1904-1997), demeure une figure emblématique du Sénégal, non seulement pour sa sagesse spirituelle, mais également pour son engagement dans la médiation des crises sociales et politiques. Troisième khalife de Seydi El Hadj Malick Sy, il incarna l’idéal d’un leader capable de concilier la rigueur du spirituel et la responsabilité du temporel.
« Si vous aimez le Sénégal, si vous êtes guidés par l’intérêt national et si vous craignez Dieu, le Sénégal avancera et sera en paix. »
– Serigne Abdoul Aziz Sy, discours à la Zawiya d’El Hadj Malick Sy, Dakar.
Cette exhortation, prononcée devant les acteurs politiques de son époque, traduit l’essence de son action : un engagement profond pour la paix et l’unité nationale, fondé sur la piété et le sens du devoir. Comme le rappelle le Coran :
« Et conciliez entre eux, et craignez Allah afin qu’on vous fasse miséricorde » (Sourate An-Nisa, 4:35).
Un médiateur au service de la paix
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Chaque tension politique ou sociale trouvait en Dabakh un médiateur patient et impartial. Lors du rejet du « plan Sakho-Loum » sous le gouvernement d’Abdou Diouf, c’est à lui que l’on doit la convocation des syndicats et de l’opposition à Tivaouane, pour apaiser les esprits et éviter une paralysie totale de l’État. Sa philosophie de la médiation résonne avec les paroles du Prophète ﷺ :
« Le meilleur des hommes est celui qui est le plus utile aux gens » (Hadith rapporté par Al-Bayhaqi).
Pour le philosophe contemporain Tariq Ramadan, la diplomatie morale et la médiation sont les instruments indispensables à la cohésion sociale : « Un guide spirituel doit savoir intervenir dans le temporel sans compromettre ses valeurs » (Islam et société, 2020, p. 132). Dabakh en fut un exemple vivant.
Un héritage spirituel et moral
Fils d’El Hadj Malick Sy et de Sokhna Safiétou Niang, Dabakh reçut une éducation rigoureuse auprès de son père, de ses grands frères et des moukhadams, puis poursuivit son apprentissage dans des centres renommés à Tivaouane, Mbacoumé et Saint-Louis. Il accomplit le pèlerinage à La Mecque en 1947, accompagné de son ami Lamine Guèye, symbole de son attachement à l’unité de la Umma islamique.
« La connaissance sans la pratique est comme un arbre sans fruits » – Serigne Abdoul Aziz Sy.
Il dirigea les chœurs des talibés d’El Hadj Malick, tout en cultivant sa générosité et son engagement pour l’unité entre confréries et le dialogue islamo-chrétien. Son influence dépassait les frontières du Sénégal, notamment au Maroc, en Arabie saoudite, aux États-Unis et en France, renforçant ainsi le lien entre spiritualité et diplomatie internationale.
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Une voix toujours actuelle
Même après son décès, le 14 septembre 1997, ses enseignements continuent de guider la société sénégalaise. Ses interventions lors des événements du 23 juin 2011 montrent que la sagesse, lorsqu’elle est bien guidée par la foi et le discernement, reste intemporelle. Comme le rappelle Khaled Abou El Fadl, spécialiste contemporain du droit islamique : « L’autorité morale s’exerce par l’exemple et la constance, non par la coercition » (The Search for Beauty in Islam, 2016, p. 57).
Dabakh sut rappeler à chacun ses responsabilités : aux religieux de parler avec vérité et aux détenteurs du pouvoir de servir avec honnêteté. Pour ma part, en tant qu’Imam chroniqueur, je souligne souvent :
« Un vrai leader, spirituel ou temporel, ne doit jamais séparer la justice de la compassion ; Dabakh en a été l’exemple lumineux. » –imam chroniqueur Babacar Diop.
Conclusion : un modèle pour les générations futures
Pacifique, humble, courtois et discret, Serigne Abdoul Aziz Sy demeure un modèle de conciliation entre le spirituel et le temporel. Son héritage se lit dans la paix sociale, la cohésion entre les Sénégalais et la solidité des liens interreligieux. Il incarne la sagesse qui, comme le dit le philosophe Aristote :
« La vertu est dans le juste milieu » (Éthique à Nicomaque, Livre II).
Aujourd’hui, son exemple continue d’inspirer les jeunes leaders religieux et civils à travailler pour un Sénégal uni, pieux et juste.
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imam chroniqueur
Babacar Diop













