Dakar : Passerelles désertées et ruelles souillées, la ville malade de ses incivilités

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Dakar : Passerelles désertées et ruelles souillées, la ville malade de ses incivilités

Par Imam chroniqueur Babacar Diop

À Dakar, les passerelles piétonnes, construites à grands frais, se dressent comme des symboles d’un progrès visible mais inachevé. Ces ouvrages, destinés à sauver des vies, demeurent souvent déserts, pendant que des piétons défient la mort sur l’asphalte brûlant.
La capitale, belle et fière, semble parfois se battre contre ses propres enfants.

Un paradoxe urbain inquiétant

Les ingénieurs peuvent ériger des ponts, mais ils ne peuvent pas bâtir la conscience.
Comme l’écrivait Émile Durkheim :

« Les faits sociaux ne se maintiennent que si la société les soutient moralement. »
(Les Règles de la méthode sociologique, PUF, p. 41).

Et pourtant, à Dakar, le civisme se délite à mesure que les infrastructures s’élèvent.
Ce jeudi à Colobane, un homme, insouciant et sans gêne, a choisi une ruelle comme urinoir, en plein jour. Scène banale ? Non. Symptôme d’un mal profond.

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Comme le note Imam chroniqueur Babacar Diop :

« L’incivilité commence là où la honte prend fin. Et quand la honte disparaît, la société entre en décadence. »

Propreté des lieux, saleté des mentalités

Le philosophe sénégalais Souleymane Bachir Diagne l’a écrit :

« La propreté extérieure n’est qu’une métaphore de la clarté intérieure. »
(L’encre des savants, Présence Africaine, 2013, p. 118).

Nos rues parlent pour nous. Elles révèlent ce que nos consciences taisent.
Dakar se parfume à coups de balais, mais l’odeur persistante de la négligence reste accrochée aux murs.

Ibn al-Qayyim rappelait dans Al-Fawâ’id :

« Réformer l’extérieur sans purifier l’intérieur, c’est comme laver un vêtement souillé alors que le corps reste impur. »
(p. 92).

Et Imam chroniqueur Babacar Diop d’ajouter :

« Le véritable balai, c’est celui de la conscience. Car tant que les esprits demeureront sales, les rues ne seront jamais propres. »

Éduquer avant de construire

Les autorités multiplient les projets de voirie, mais la plus grande œuvre publique demeure l’éducation civique.
Serigne Abdou Aziz Sy Dabakh, modèle d’équilibre moral, disait :

« La ville n’est belle que lorsque le cœur de ses habitants l’est aussi. »
(Propos recueillis à Tivaouane, 1987).

L’État peut construire, baliser, éclairer ; mais il ne peut remplacer la discipline intérieure du citoyen.
Comme le souligne Imam chroniqueur Babacar Diop :

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« Nous bâtissons des passerelles pour les pieds, mais nous avons oublié celles pour les consciences. »

Et d’ajouter :

« L’éducation n’est pas un luxe, c’est un acte de survie sociale. Sans elle, les lois deviennent des murmures dans le vacarme de la désobéissance. »

Responsabilité partagée

La modernité urbaine ne se résume pas aux trottoirs et aux feux tricolores : elle se mesure à la responsabilité collective.
Chinua Achebe, écrivain nigérian, écrivait avec sagesse :

« Personne ne lave la tête d’un autre sans se mouiller les mains. »
(Anthills of the Savannah, 1987).

Autrement dit, la propreté morale et civique de Dakar ne sera possible que si chacun accepte de se mouiller pour le bien commun.

Comme le conclut Imam chroniqueur Babacar Diop :

« Dakar n’a pas besoin d’être reconstruite, elle a besoin d’être rééduquée. La pierre peut s’user, mais la conscience, si elle s’élève, ne s’effrite jamais. »

Imam chroniqueur Babacar Diop

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