Dans l’intimité des laveuses de morts : entre foi, discrétion et dévotion

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Faits Divers - DuniaNews

Certains métiers requièrent plus que des compétences techniques : ils exigent de la discrétion, du discernement et un profond respect de la dignité humaine. Chez les laveuses de morts, cette discrétion n’est pas un simple principe éthique, mais une véritable obligation spirituelle et religieuse.

La toilette mortuaire, loin d’être un simple rituel, est un acte sacré de purification et d’hommage au défunt. Comme le rappelle le Coran :

« Et ne tuez pas la personne que Dieu a rendue sacrée, sauf en droit » (Sourate Al-Isra, 17:33)
La dignité humaine demeure sacrée, même après la mort. Le prophète ﷺ a enseigné que celui qui accomplit ce rite avec respect et discrétion est honoré :
« Celui qui lave et couvre un mort et garde le secret, Dieu le pardonne quarante fois » (Hadith rapporté par Al-Bayhaqi).

Diarra Cissé explique : « Le lavage mortuaire témoigne de la dignité accordée au défunt. Tout ce qui se passe durant ce rite doit rester secret, même ce qui paraît surprenant ou choquant. » Salimata Djiré ajoute : « Il faut être aussi muet qu’une carpe et invoquer Allah pour le défunt, en évitant tout bavardage inutile. »

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Ibn Taymiyya insiste sur l’importance de l’intention pure dans les actes religieux :

« Les actes extérieurs, sans intention sincère, sont vains. La purification du corps d’autrui est un acte de foi lorsque l’intention est de plaire à Allah. »

Pour Ibn al-Qayyim, le respect du défunt est un prolongement de la piété :

« Honorer le corps du mort est un moyen d’honorer la vie et de purifier l’âme du vivant. Celui qui accomplit ce devoir avec sincérité récolte des bienfaits spirituels immenses. »

Un métier hors du commun, ancré dans la foi

Être laveuse de morts ne s’improvise pas. Ce métier exige force mentale, courage et sang-froid, ainsi qu’une bonne condition physique. La toilette mortuaire peut sembler effrayante pour le profane, mais pour celles qui l’accomplissent quotidiennement, elle devient une routine empreinte de dévotion. Khady Djiré raconte :

« Lors de ma première expérience, j’ai fait des cauchemars. Mais mon maître coranique m’a encouragée à poursuivre. Depuis que j’ai lavé le corps de ma tante et de ma fille, la peur a disparu. »

Ibn al-Jawzi souligne :

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« Le courage devant la mort des autres est le reflet du courage intérieur. La connaissance de la vérité ultime de la vie prépare l’âme à affronter la mort avec sérénité. »

Pour Awa Konaté, l’habitude et la foi transforment un acte difficile en service sacré :

« Quand on m’annonce le décès d’une personne, je fais mes ablutions, formule mon intention et me mets au travail, quelle que soit l’heure, en sachant que mon tour viendra. »

Dévouement et reconnaissance sociale

Malgré l’importance de leur rôle, les laveuses de morts font parfois face à des préjugés. Salimata Djiré raconte :

« À mes débuts, ma famille craignait de partager le repas avec moi. Mais avec le temps, ils ont compris que ce travail n’a rien de répugnant. Il est noble de préparer nos défunts pour le retour vers le Créateur. »

Le philosophe contemporain Tariq Ramadan observe :

« Le contact avec la mort, lorsqu’il est abordé avec respect et réflexion, développe une conscience de la vie et de la dignité humaine qui transcende la peur et l’égoïsme. »

Cheikh Serigne Touba, quant à lui, affirme :

« Le service aux morts est une école de patience et de foi. Il enseigne à l’homme la modestie, le détachement et le respect du Créateur et de Ses créatures. »

Ainsi, la toilette mortuaire ne se limite pas à un acte physique. C’est un service spirituel, une école de vertu et un pont entre ce monde et l’au-delà. Les laveuses de morts, en accomplissant ce rituel avec soin et discrétion, perpétuent une tradition religieuse profonde et honorent la dignité des défunts et de leurs familles.

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imam chroniqueur
Babacar Diop

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