Décès de Jeannette N’Guessan Faithê : le cinéma ivoirien perd l’une de ses figures emblématiques
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Le monde du cinéma ivoirien est en deuil. L’actrice Jeannette N’Guessan Faithê, affectueusement surnommée « Maman Faithê », s’est éteinte ce mardi 23 avril, laissant derrière elle une carrière marquée par des rôles mémorables et une forte empreinte sur la scène audiovisuelle nationale.
Révélée au grand public par des productions comme Ma Famille, Faut pas fâcher et, plus récemment, Footeuses de Troubles sur Life TV, elle incarnait Awa Djahiri, un personnage haut en couleur qui avait conquis les cœurs par son humour, sa franchise et sa verve typiquement ivoirienne. Dotée, selon le scénario, de « six antennes », Awa Djahiri représentait cette figure populaire de la voisine à la langue bien pendue, qui connaissait tout du quartier — pour le meilleur comme pour le pire.
Une disparition qui attriste tout un pays
Depuis quelques semaines, les rumeurs sur l’état de santé de l’actrice circulaient, suscitant l’inquiétude de ses fans. Hospitalisée discrètement à Abidjan, elle luttait contre une maladie dont les détails n’avaient pas été rendus publics, respectant ainsi la discrétion qu’elle cultivait hors écran. Sa disparition a été confirmée dans la nuit par ses proches, provoquant une vague d’émotion sur les réseaux sociaux.
Les hommages affluent : comédiens, réalisateurs, institutions culturelles et anonymes saluent la mémoire d’une femme de cœur, d’une artiste généreuse et d’une professionnelle exigeante. L’acteur Michel Bohiri lui a notamment rendu hommage en ces termes : « Elle incarnait l’âme du quartier, la voix des sans-voix. Avec elle, on riait, on pleurait, on se reconnaissait. »
Une carrière riche, une empreinte durable
Au fil des années, Maman Faithê s’est imposée comme l’une des figures de proue du cinéma populaire ivoirien, dans un univers encore marqué par de fortes inégalités de genre. Elle militait discrètement, mais fermement, pour une meilleure reconnaissance des actrices âgées dans l’industrie, et s’impliquait régulièrement dans des ateliers de formation pour les jeunes comédiens.
En 2024, elle avait été honorée par la Fédération des Acteurs de Côte d’Ivoire pour l’ensemble de sa carrière. Ce prix, remis lors du Festival du Film Ivoirien à Grand-Bassam, avait été pour elle l’occasion de réaffirmer son attachement à « un cinéma qui parle vrai et qui parle aux gens ».
Les obsèques en préparation
Selon des sources proches de la famille, les obsèques auront lieu à Abidjan dans les prochains jours. Un hommage public est en cours d’organisation par le Ministère de la Culture et de la Francophonie, en collaboration avec l’Union des Artistes de Côte d’Ivoire. Des projections spéciales de ses films et séries phares sont également prévues sur les chaînes nationales et locales.
La disparition de Jeannette N’Guessan Faithê constitue une grande perte pour le patrimoine culturel ivoirien. Son rire, sa justesse de jeu, son regard franc et sa capacité à faire passer les émotions les plus complexes resteront gravés dans la mémoire collective.
Repose en paix, Maman Faithê. Ton art et ta voix continueront de résonner sur les écrans et dans les cœurs.
Imam chroniqueur Babacar Diop













