Délégués de quartier : ces invisibles héros oubliés

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Délégués de quartier : ces invisibles héros oubliés

Dans nos villes, il existe des hommes et des femmes qui connaissent chaque ruelle, chaque foyer, chaque famille. Ils ne portent ni uniformes ni grades prestigieux, et pourtant, leur rôle est vital pour le fonctionnement de la cité. Ce sont les délégués de quartier.

À Pikine, dans la maison des délégués de Guinaw Rails Sud, Ousmane Mbengue, délégué de Darou Marnane Sante Yalla, raconte son quotidien. Il n’agit pas seulement comme messager ou médiateur : il est le pont entre l’administration et la population, l’œil attentif des autorités sur le terrain. Sensibilisation contre les inondations, lutte contre la divagation des animaux, gestion des encombrements, recensement des ménages… autant de missions qui, accumulées, définissent le vrai poids de sa responsabilité.

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Mais la réalité est cruelle. Pas de bureau, pas de moyens, une indemnité dérisoire de 50 000 FCfa pour faire face aux sollicitations des familles en difficulté. « Nous devons nous débrouiller », soupire Ousmane Mbengue, conscient que malgré son engagement, son travail reste largement invisible.

Souleymane Faye, délégué de Mousdalifa 4 et membre de l’Association nationale des délégués de quartier, dénonce lui aussi les failles du système. L’insécurité rôde : sortir la nuit peut devenir un risque, car certains habitants frustrés pensent que c’est le délégué qui les a dénoncés. Et pourtant, ce sont ces mêmes délégués qui tentent d’apaiser les conflits familiaux, de servir de médiateurs, d’accompagner l’administration dans la perception des impôts et la régularisation de l’état civil.

Leur statut, fixé par le décret 86-761 de 1986 et modifié en 1992, les désigne officiellement comme auxiliaires du maire et de l’administration. Mais sur le terrain, cette reconnaissance légale peine à se traduire en moyens et en protection.

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Aujourd’hui, les délégués demandent une révision concrète de leur statut. L’Association nationale des délégués a soumis un projet au ministre des Collectivités territoriales, espérant que l’acte 4 de la décentralisation apportera enfin les outils, la sécurité et la reconnaissance qu’ils méritent.

Ces invisibles héros, qui connaissent chaque nom, chaque foyer, chaque problème de leur quartier, continuent pourtant d’œuvrer dans l’ombre. Et si nos villes fonctionnent, c’est en grande partie grâce à eux. Il est temps de leur donner la place, le respect et les moyens que leur engagement mérite.

Imam chroniqueur
Babacar Diop

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