Déploiements militaires intérieurs aux États-Unis : la facture salée des choix sécuritaires de Trump
Votre Pub ici !

Le recours massif aux forces armées dans plusieurs grandes villes américaines aura durablement marqué l’année politique 2025 aux États-Unis. Présentée par l’administration de Donald Trump comme une réponse nécessaire aux défis sécuritaires et migratoires, cette stratégie intérieure à forte empreinte militaire révèle aujourd’hui son coût réel. Un rapport du Bureau du budget du Congrès (Congressional Budget Office, CBO) lève le voile sur des dépenses publiques d’une ampleur inédite.
Selon les chiffres relayés par Al Jazeera, les opérations menées entre juin et décembre 2025 ont représenté une charge d’environ 496 millions de dollars, soit près d’un demi-milliard pour le seul second semestre. Phillip Swagel, directeur du CBO, souligne que ces montants correspondent à l’activation combinée de la Garde nationale et de troupes de Marines en service actif, engagées dans des missions de maintien de l’ordre au cœur même de centres urbains densément peuplés.
À lire aussi : Londres et Pékin sortent de l’ère glaciaire : le pari du pragmatisme stratégique
Au total, plus de 10 000 soldats ont été mobilisés dans six métropoles stratégiques : Los Angeles, Washington DC, Memphis, Portland, Chicago et La Nouvelle-Orléans. Si la Maison Blanche avançait des objectifs de dissuasion de la criminalité et de protection de l’application des lois fédérales sur l’immigration, le rapport du CBO met en évidence de fortes disparités de coûts, étroitement liées au niveau de vie et à l’ampleur des dispositifs locaux.
La capitale fédérale concentre à elle seule la part la plus élevée de ces dépenses. À Washington DC, le déploiement de 2 950 soldats a coûté 232 millions de dollars en 2025. Le CBO estime par ailleurs que le maintien de ce dispositif représente encore 55 millions de dollars par mois, une projection qui alimente les débats sur la soutenabilité budgétaire de cette stratégie sécuritaire.
Los Angeles arrive en deuxième position. Au pic de l’opération, la présence de 4 200 membres de la Garde nationale et 700 Marines a entraîné une dépense mensuelle pouvant atteindre 193 millions de dollars, avant une réduction progressive du dispositif à la fin de l’année.
Si les opérations ont été suspendues à Los Angeles, Chicago et Portland depuis décembre, elles restent en vigueur à Washington, Memphis et La Nouvelle-Orléans. Fin 2025, un peu plus de 5 000 soldats demeuraient déployés, dans un contexte marqué par des contestations judiciaires émanant de responsables locaux et d’États fédérés, dénonçant une ingérence fédérale excessive.
À lire aussi : Finale de la CAN 2025 : la CAF frappe fort, le Sénégal et le Maroc lourdement sanctionnés
Les perspectives financières pour 2026 restent préoccupantes. Le CBO estime qu’un maintien du dispositif actuel entraînerait une dépense moyenne de 93 millions de dollars par mois. À titre d’illustration, le déploiement récent de 350 membres de la Garde nationale à La Nouvelle-Orléans représente à lui seul une charge mensuelle d’environ 6 millions de dollars.
Le rapport conclut toutefois sur une note d’incertitude : la durée, l’intensité et l’étendue des futurs déploiements demeurent difficiles à anticiper. Une imprévisibilité qui alimente autant les interrogations budgétaires que les débats politiques, dans un pays où l’usage de l’armée à des fins de maintien de l’ordre intérieur continue de diviser profondément l’opinion.
Imam chroniqueur
Babacar Diop













