Derrière chaque cadeau : ce que vos choix révèlent sur vous et vos relations
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Offrir un cadeau n’est jamais un geste anodin. Selon l’ethnologue Marcel Mauss, « le don possède une âme ». Dans la tradition maorie, le mana représente l’essence spirituelle du donateur et le hau l’esprit de l’objet offert. « Dans notre société de surabondance, chaque cadeau véhicule un message, conscient ou inconscient, et reflète nos liens sociaux », explique Cécile Desmazières-Berlie, psychologue clinicienne en milieu hospitalier (Psychologie du don, 2021, p. 47).
Imam Babacar Diop ajoute : « Offrir, c’est semer une part de soi dans le cœur de l’autre. Même un geste discret révèle qui nous sommes et la valeur que nous donnons à la relation. »
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- La peur de s’impliquer
Certains cadeaux “bateaux” — bougies, chocolats, cartes-cadeaux — traduisent une volonté inconsciente de rester à distance. « L’emballage en dit long : un joli paquet révèle de l’attention, tandis qu’un simple sac en papier peut exprimer pudeur ou embarras », précise Desmazières-Berlie. Minimiser l’objet, hésiter à l’offrir en public ou se déprécier soi-même (« Ce n’est pas grand-chose ») sont autant de stratégies pour limiter l’implication affective.
Imam Babacar Diop note : « Offrir sans se dévoiler, c’est refuser un peu de soi-même. Le cadeau est un miroir du courage émotionnel de celui qui donne. » - Le risque de l’impair
Loin d’être toujours purement généreux, le cadeau peut révéler nos émotions les plus ambiguës : jalousie, désir de briller, volonté de corriger, voire de dominer l’autre. « Même sans intention consciente, un cadeau peut blesser ou mettre mal à l’aise », explique la psychologue (Desmazières-Berlie, 2021, p. 53).
Par exemple : un pyjama trop grand offert par la belle-mère, une tisane minceur à une amie en surpoids ou un week-end en avion à un proche qui a peur de l’avion, peuvent refléter, à notre insu, des émotions contradictoires.
Imam Babacar Diop souligne : « Le cadeau mal choisi nous rappelle que l’amour humain est complexe. Même un geste de bienveillance peut contenir des tensions non assumées. » - Le besoin de règles communes
Pour éviter malentendus et frustrations, la clarté est essentielle. « Définir le type de cadeau, le budget, le moment de l’offrir et la manière de le présenter est primordial, surtout dans les familles recomposées ou pour les grandes occasions », précise Desmazières-Berlie (p. 61). Les alternatives créatives — cadeaux faits maison, moments partagés ou services rendus — peuvent renforcer le lien affectif tout en respectant les limites financières ou émotionnelles.
Imam Babacar Diop ajoute : « Le cadeau le plus précieux n’est pas celui qui coûte cher, mais celui qui porte notre attention et notre temps. Offrir sa présence ou un service sincère est souvent plus durable qu’un objet matériel. » - Accepter ou refuser un cadeau : l’art de la diplomatie
Accepter un cadeau est aussi un acte social. « Refuser peut être perçu comme un affront, alors que s’attacher à l’intention derrière l’objet permet de préserver la relation », explique Desmazières-Berlie (p. 65).
Imam Babacar Diop complète : « Savoir recevoir, c’est honorer celui qui offre. Même si le cadeau nous surprend ou nous déçoit, reconnaître l’intention est un acte de sagesse et de respect mutuel. »
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Imam chroniqueur
Babacar Diop













