Détournement présumé de 40 millions à l’IPM de l’ISRA : trois employées devant la justice, verdict attendu le 25 mars
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Les employées de l’Institut de prévoyance maladie (IPM) de l’Institut sénégalais de recherche agricole (ISRA), Léontine Madeleine Diémé, Yaye Nafi Kébé et Diaw Fary Fall, ont comparu ce jeudi 12 mars 2026 devant le tribunal correctionnel de Dakar pour des faits d’escroquerie, de faux et usage de faux en écritures de banque. Elles encourent des peines d’emprisonnement ferme allant de un à deux ans, dans une affaire portant sur un détournement présumé de 40 millions de francs CFA.
L’affaire remonte à l’année 2025, lorsque l’IPM de l’ISRA a été secouée par un scandale financier d’envergure. À l’origine de la procédure, une alerte interne donnée par un agent, Cheikh Wade, qui dit avoir reçu un message signalant un retrait bancaire suspect effectué par un livreur du nom de Mame Birame Faye. Les vérifications entreprises ont permis de mettre au jour un total de 63 chèques comportant des signatures falsifiées, notamment celles du Directeur général et de Cheikh Wade lui-même.
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Interrogé par les enquêteurs, le livreur a affirmé avoir récupéré plusieurs chèques auprès de Léontine Madeleine Diémé, ainsi qu’un autre remis par Diaw Fary Fall. Lors de l’enquête, Léontine a reconnu avoir falsifié des chèques avec Yaye Nafi Kébé. Cette dernière aurait, selon ses premières déclarations, participé à l’établissement de 27 des 63 chèques incriminés, avant de revenir sur ses aveux devant le tribunal.
De son côté, Diaw Fary Fall a nié toute implication dans les faits. Toutefois, l’exploitation de son téléphone portable a révélé un transfert d’argent via Wave d’un montant de 160 000 F CFA en provenance de Léontine, élément retenu par l’accusation pour étayer les soupçons.
À la barre, Léontine Madeleine Diémé a maintenu ses déclarations, impliquant directement sa collègue Yaye Nafi Kébé : « Elle remplissait et je signais. Nous nous partagions les montants, qui variaient entre 200 000 et 300 000 francs CFA », a-t-elle affirmé. Elle a également soutenu avoir initié Diaw Fary Fall à ce système après son arrivée dans l’entreprise, précisant que cette dernière se limitait à recevoir des montants.
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En revanche, Yaye Nafi Kébé a catégoriquement rejeté ces accusations, affirmant n’avoir jamais signé de chèques frauduleux et soutenant qu’elle agissait uniquement sur instruction de sa hiérarchie. Elle reconnaît toutefois avoir reçu une somme de 120 000 F CFA de la part de Léontine, dans un contexte qu’elle dit lié à des problèmes de santé.
Même ligne de défense du côté de Diaw Fary Fall, qui affirme avoir découvert l’affaire plusieurs mois après son arrivée en stage. Elle admet avoir reçu 160 000 F CFA, tout en déclarant ignorer l’origine frauduleuse de cet argent.
Constituée partie civile, l’IPM de l’ISRA, par la voix de son avocate Me Ndèye Fatou Ndiaye, a réclamé la somme de 100 millions de francs CFA à titre de dommages et intérêts.
Le procureur, convaincu de la matérialité des faits d’escroquerie, a requis deux ans de prison ferme assortis d’une amende de deux millions de francs CFA contre Léontine Madeleine Diémé et Yaye Nafi Kébé. Pour Diaw Fary Fall, le parquet a demandé une requalification des faits en recel, avec une peine d’un an d’emprisonnement et la même amende.
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Les avocats de la défense, notamment Mes Youssou Guèye et Pape Seny Mbodji, ont plaidé la relaxe au bénéfice du doute.
Le tribunal rendra son verdict le 25 mars 2026.
Par imam chroniqueur
Babacar Diop













