DUEL AU SOMMET DU SÉNÉGAL : UNE CRISE QUE NOUS AVIONS PRÉDITE DEPUIS LONGTEMPS

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DUEL AU SOMMET DU SÉNÉGAL : UNE CRISE QUE NOUS AVIONS PRÉDITE DEPUIS LONGTEMPS

Alors que le Sénégal croyait avoir tourné la page de décennies de tensions politiques, une crise silencieuse mais profonde s’installe aujourd’hui au sommet de l’État. Entre le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko, les fissures se multiplient, révélant un duel inattendu au cœur même du projet Pastef. Derrière cette confrontation, c’est toute l’architecture idéologique, stratégique et psychologique du pouvoir sénégalais qui vacille.

L’Afrique attentive et consciente observe aujourd’hui, avec une profonde tristesse, la dérive conflictuelle qui secoue l’exécutif sénégalais. La montée de tensions entre le président de la République et son Premier ministre n’a pourtant rien de surprenant : les signes avant-coureurs étaient visibles depuis longtemps. À travers le concept d’« aventure ambiguë », nous avions déjà alerté sur la tragédie politique qui menaçait de fracturer le sommet du régime Pastef.

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Retour sur les causes profondes de la discorde

1) Une incompatibilité psychologique manifeste
Le contraste entre l’introversion de Bassirou Diomaye Faye et l’extraversion d’Ousmane Sonko crée une dynamique relationnelle instable. Deux tempéraments opposés qui peinent à cohabiter dans une même architecture de pouvoir.

2) Le choc entre l’idéologie d’opposition et l’idéologie de gouvernance
Pastef n’est plus dans la posture de défi. Le passage d’un discours radical dans l’opposition à une politique de gestion pragmatique a créé des contradictions profondes et des tensions internes.

3) Des compromis déroutants avec le système néocolonial
Certaines négociations discrètes – voire ambiguës – avec Paris et les intérêts occidentaux suscitent un malaise dans les rangs d’un parti qui s’est pourtant construit sur la promesse d’une souveraineté africaine assumée.

4) Un tricephalisme de facto au sommet de l’État
Le pouvoir semble aujourd’hui éclaté entre Diomaye Faye, Ousmane Sonko et le général Birame Diop, dont les liens avec les structures de l’OTAN interrogent. Ce « triangle d’autorité » fragilise la cohérence décisionnelle du régime.

5) L’impunité accordée aux crimes politiques de l’ère Macky Sall
La continuité silencieuse concernant les violations graves des droits humains, restées impunies malgré les promesses de rupture, crée une fracture morale dans l’opinion et au sein même du mouvement.

6) L’éloignement progressif de la ligne panafricaniste de l’AES
Le Sénégal semble prendre ses distances avec les dynamiques souverainistes portées par l’Alliance des États du Sahel (AES), au risque de se couper d’une partie de sa base panafricaniste la plus fidèle.

Un cocktail explosif qui menace l’équilibre du régime

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Ces contradictions accumulées forment un cocktail politique instable qui menace aujourd’hui le régime Pastef d’un effondrement interne, un scénario qui profiterait largement aux forces de la Françafrique. Dans cette lutte titanesque au sommet de l’État, les imprécations de Guy Marius Sagna apparaissent presque inaudibles, tant les enjeux dépassent largement le cadre des querelles internes.

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Éditorial – DUNIA News
Par Frédéric Herman Tossoukpè

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