Dyslexie : 5 stratégies simples pour aider les enfants à apprendre autrement
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La dyslexie touche entre 5 et 10 % des enfants scolarisés, selon les estimations internationales. Un trouble fréquent, souvent méconnu, qui perturbe l’entrée dans la lecture mais n’altère ni l’intelligence ni le potentiel de l’enfant. Dans les familles comme dans les classes, une question revient sans cesse : que faire, concrètement, pour l’aider ?
Les spécialistes sont unanimes : de petites adaptations, mises en place tôt et régulièrement, peuvent transformer l’expérience scolaire de ces enfants. Tour d’horizon des cinq pratiques les plus efficaces, recommandées par les associations internationales de référence.
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- Apprendre avec les sens : la force du multisensoriel
Dans les écoles engagées dans l’inclusion, une méthode revient avec insistance : la pédagogie multisensorielle. L’idée est simple : associer le geste, le son, la vue et le toucher.
Dans une classe de CE1 à Dakar, la maîtresse dispose des lettres en carton sur une table. Les élèves tracent un « b » dans du sable en prononçant le son. « Quand ils manipulent, ils retiennent mieux », explique-t-elle.
Les neurosciences le confirment : plus on sollicite de canaux sensoriels, plus la lecture devient fluide et durable.
- Alléger la page pour alléger l’esprit
Pour un enfant dyslexique, le texte dense est une épreuve. Les lignes se confondent, les mots se mélangent.
La solution ? Rendre la page respirable.
Polices agrandies, interlignes doublés, paragraphes courts, mots-clés en couleur : autant de micro-ajustements qui, mis ensemble, changent tout.
« On lit en petites doses : 3 à 5 lignes maximum », note un orthopédagogue.
Une règle colorée aide également l’enfant à suivre la ligne sans se perdre.
Une pédagogie de l’accessibilité, loin du bricolage : elle repose sur des pratiques validées dans plusieurs pays.
- Miser sur les atouts de l’oral et du numérique
Les enfants dyslexiques ont souvent un solide sens de l’oralité. Ils comprennent très bien à l’écoute ce qu’ils peinent à décoder à l’écrit.
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Les outils numériques sont donc devenus de véritables alliés :
dictée vocale, pour rédiger sans blocage ;
livres audio synchronisés, pour lire en suivant la narration ;
logiciels de lecture vocale, pour décrypter les consignes.
Ces technologies ne remplacent pas l’apprentissage de la lecture, mais elles permettent de ne pas décrocher. « On leur rend la scolarité possible », résume un enseignant spécialisé.
- Clarifier les consignes pour réduire la surcharge cognitive
Une longue consigne écrite peut suffire à bloquer l’enfant. La mémoire de travail se sature rapidement.
La recommandation est désormais standard : une seule consigne à la fois, reformulée simplement.
En classe, cela peut prendre la forme de fiches visuelles en trois étapes : Lire – Comprendre – Répondre.
Flèches, pictogrammes et étapes numérotées guident le travail.
Résultat : moins de stress, et surtout, une autonomie progressive.
- Restaurer la confiance, moteur essentiel des apprentissages
La dyslexie n’est pas seulement un défi scolaire : c’est un choc émotionnel.
Les comparaisons blessent, la lenteur pèse et l’estime de soi s’effrite.
Pourtant, les psychologues insistent : le premier remède, c’est la confiance.
Encourager les efforts, valoriser les progrès, développer les domaines de réussite (art, sport, imagination) crée un cercle vertueux.
Dans une école de Thiès, un instituteur montre fièrement le « cahier des victoires » d’un élève : quelques mots bien lus, une phrase correctement copiée. De petits triomphes qui construisent de grandes avancées.
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À retenir
Les stratégies efficaces pour aider un enfant dyslexique ne demandent ni matériels coûteux ni grandes révolutions pédagogiques. Elles reposent sur cinq leviers simples :
multisensorialité, clarté, structuration, technologie, bienveillance.
L’enjeu est immense : permettre à chaque enfant d’entrer dans le monde de l’écrit sans perdre confiance ni plaisir d’apprendre. Comme le rappelle un spécialiste : « La dyslexie n’empêche pas de réussir, mais l’incompréhension, elle, peut tout bloquer. »
Imam chroniqueur
Babacar Diop













