Écrire, un métier de passion, de rigueur et d’audace

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Écrire, un métier de passion, de rigueur et d’audace

Par Imam chroniqueur Babacar Diop
babacar19diop76@gmail.com

Devenir écrivain n’est pas une aspiration qu’on effleure par caprice, mais un appel profond, souvent irrésistible, à rendre compte du monde par la magie des mots. Pour ceux et celles que l’écriture attire, il ne s’agit pas simplement de savoir écrire, mais de vivre dans et par la langue. Comme le disait Jean Rostand : « Il faut que l’envie vous prenne par les collets. »

Aujourd’hui, à l’ère du numérique et de la saturation textuelle, le défi est encore plus grand : écrire, oui, mais écrire juste, fort, inoubliable.

Lire avec intensité : une discipline fondatrice

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Lire n’est pas une activité de loisir pour le futur écrivain, c’est un terrain d’entraînement. Chaque phrase lue est une leçon de style. Le poète et essayiste Christian Bobin (1951-2022) affirmait :

« Lire, c’est respirer à travers un autre. C’est se préparer à dire le monde autrement. »

Lire de tout — romans, essais, théâtre, poésie, articles, classiques comme contemporains — permet de repérer des rythmes, d’absorber des visions du monde, et de détecter des audaces formelles.

La neuroscientifique Maryanne Wolf, dans Proust and the Squid (Harper, 2007), souligne que la lecture approfondie stimule des circuits cognitifs essentiels à la pensée complexe et à la créativité littéraire :

« Lire avec attention développe une forme de pensée lente, critique et imaginative, indispensable à l’écriture littéraire. »

Et comme le résume Imam Babacar Diop :

« La lecture : prière silencieuse des savants. »

Écrire chaque jour : un artisanat rigoureux

On n’écrit pas bien par hasard, on écrit bien par habitude. L’acte d’écrire régulièrement est ce qui transforme l’envie en maîtrise. L’écrivain sénégalais Boubacar Boris Diop, dans une interview à Africultures (2021), rappelait :

« Ce n’est pas l’inspiration qui fait un écrivain, c’est la régularité du travail. »

Tenir un carnet, rédiger des descriptions, inventer des dialogues ou raconter une scène du quotidien : tous ces exercices aiguisent le style, musclent la plume et préparent à des textes plus ambitieux.

La romancière Annie Ernaux, prix Nobel 2022, écrivait dans L’Écriture comme un couteau (2003, p. 17) :

« On n’apprend pas à écrire dans le confort, mais dans la résistance. C’est dans le frottement du quotidien que les phrases surgissent. »

S’éprouver soi-même : écrire pour ressentir

Un bon texte, c’est un texte qui touche. Si l’écrivain lui-même ne vibre pas en relisant ses lignes, comment espérer que le lecteur soit ému ? Se relire, s’auto-évaluer, demander des retours : ces étapes sont cruciales.

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Dans L’art de la fiction, l’auteur américain John Gardner insiste :

« Un écrivain n’écrit pas pour entendre sa voix, mais pour provoquer une réaction viscérale. Le bon mot au bon endroit est une étincelle dans la chair du lecteur. »

Et comme le dit si justement Imam Babacar Diop :

« L’écriture : résistance du cœur contre l’oubli. »

Travailler la langue : subversion et invention

L’écriture, c’est aussi un travail de fou sur la langue, comme le disait Rostand. Il faut, parfois, casser la syntaxe, secouer la grammaire, déranger le lexique. Car la langue littéraire ne peut être figée. Elle doit déranger autant qu’elle enchante.

Le linguiste Henri Meschonnic écrivait dans Critique du rythme (Verdier, 1982, p. 213) :

« La littérature, c’est ce qui transforme le langage en rythme de pensée. »

Et la philosophe Barbara Cassin ajoutait :

« Un écrivain, c’est quelqu’un qui fait exister d’autres possibles dans la langue. » (Éloge de la traduction, Fayard, 2016, p. 89)

À l’ère du numérique : entre hyperproduction et profondeur

Aujourd’hui, l’accessibilité des outils numériques a décuplé le nombre d’aspirants écrivains. Mais comme le note l’essayiste François Bon dans Après le livre (Seuil, 2011), cela n’a pas nécessairement amélioré la qualité littéraire :

« Internet a libéré l’écriture, mais pas encore la lecture profonde. L’écrivain d’aujourd’hui doit apprendre à survivre au bruit pour faire entendre sa musique. »

L’écriture contemporaine doit donc se méfier de l’instantané. L’auteur doit ralentir, creuser, tailler son texte comme un sculpteur taille la pierre.

Conclusion : écrire, une forme de vie

Écrire, c’est se mettre à nu sans jamais se trahir. C’est un métier autant qu’une quête. Il n’y a pas de raccourci. Pas de recette miracle. Il faut de la lecture, de l’écriture, de l’écoute, de l’audace, et surtout… un feu sacré.

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Le romancier congolais Alain Mabanckou le résume avec justesse dans Le sanglot de l’homme noir (2012, p. 43) :

« On devient écrivain quand le silence des autres devient insupportable. »

Et pour Imam Babacar Diop, l’écriture relève même du sacré :

« Écrire est un acte de dévotion, un dialogue intime entre la poussière et le souffle divin. »

« Écrire, c’est ne pas se taire. C’est prendre position. C’est réinventer le monde, un mot à la fois. »
— Imam chroniqueur Babacar Diop

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