Éduquer avec douceur : 5 phrases pour apaiser la colère d’un enfant

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Éduquer avec douceur : 5 phrases pour apaiser la colère d’un enfant

Par Imam chroniqueur Babacar Diop

La colère d’un enfant est comme une vague soudaine qui cherche un rivage où se poser. Dans nos familles sénégalaises, entre les attentes éducatives, les exigences quotidiennes et les défis émotionnels, nous oublions parfois qu’un enfant ne dispose pas encore des outils que nous avons mis toute une vie à forger.

Les psychologues contemporains expliquent que lorsqu’un enfant est submergé par ses émotions, son cerveau rationnel se met en retrait. Le Coran, la Sunna et l’héritage de nos maîtres spirituels nous rappellent également que l’apaisement précède la correction, et que l’amour est un guide avant d’être une récompense.

Voici les cinq attitudes qui, combinant psychologie et sagesse islamique, permettent d’apaiser une crise de colère chez l’enfant.

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  1. Le silence apaisant

Les experts expliquent que parler à un enfant en pleine crise est rarement efficace. La première réponse utile est souvent le silence.

Le Prophète (PSL) a conseillé :
« Lorsque l’un de vous est en colère, qu’il se taise. »
(At-Tirmidhi, hadith n°2191)

Ce silence n’est pas un retrait, mais une présence discrète qui protège l’enfant de l’escalade.

Comme je le rappelle souvent :
« Il y a des silences qui parlent mieux que nos mots précipités. Ils enveloppent l’enfant au lieu de le heurter. »

  1. « Je suis là »

Une présence calme, stable, non menaçante est parfois le plus puissant des messages.

Le Coran évoque cette mission de réconfort :
« Et apaise-leur les cœurs. »
(Coran 9:103)

Cheikh El Hadji Malick Sy écrivait dans Khilaçu Ez-Zahab (p. 89) :
« L’enfant se tranquillise quand il sent une présence qui l’aime. »

Dire simplement « Je suis là », sans chercher à raisonner, restaure immédiatement la sécurité intérieure de l’enfant.

« L’enfant ne s’apaise pas devant l’autorité brute, mais devant une autorité qui rassure. »

  1. « Ce que tu ressens est vraiment fort, n’est-ce pas ? »

Valider l’émotion de l’enfant ne signifie pas approuver son comportement, mais reconnaître sa réalité intérieure.

Ibn al-Qayyim explique dans Tuhfat al-Mawdûd (p. 245) :
« L’enfant ressent profondément, mais ne peut pas encore ordonner ses sentiments. »

Dire à l’enfant que son émotion est entendue lui permet de relâcher la tension.
Les neurosciences confirment que la validation émotionnelle active les circuits apaisants du cerveau.

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« Un enfant compris se détend, un enfant incompris se défend. »

  1. « Faisons une pause ensemble »

Changer de posture, s’éloigner un instant du lieu du conflit ou marcher quelques pas peut interrompre la montée émotionnelle.

Le Prophète (PSL) recommandait :
« Si l’un de vous est en colère alors qu’il est debout, qu’il s’asseye ; et s’il est assis, qu’il se couche. »
(Abu Dawud, hadith n°4782)

Le mouvement, dit le pédopsychiatre Stuart Shanker,
« est un régulateur naturel du stress » (Self-Reg, p. 112).

Accompagner l’enfant dans cette pause lui montre que vous êtes avec lui, pas contre lui.

« L’enfant se calme lorsqu’il se sent accompagné dans la tempête, et non isolé à cause d’elle. »

  1. « Tu peux être en colère, mais je t’aimerai toujours »

Une colère enfantine est souvent suivie d’un sentiment de honte ou de culpabilité.
L’enfant craint d’avoir perdu l’estime de ses parents.

Le psychologue Carl Rogers affirme :
« L’acceptation inconditionnelle est la base de l’estime de soi. »
(On Becoming a Person, p. 34)

Le Prophète (PSL) disait au jeune Ibn Abbas :
« Ô jeune homme, je t’aime… »
(At-Tirmidhi, hadith n°2516)

L’enfant doit savoir que, derrière ses erreurs, l’amour demeure.

« L’amour d’un parent n’est pas une récompense, c’est un refuge. Et l’enfant construit sa confiance sur ce refuge. »

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Conclusion

Apaiser la colère d’un enfant n’est pas une faiblesse. C’est un acte de lucidité, de science et de spiritualité.
Silence, présence, validation, mouvement et amour inconditionnel forment une pédagogie complète, enracinée dans notre foi comme dans les découvertes modernes.

Nous ne cherchons pas à éteindre l’enfant. Nous cherchons à lui apprendre à naviguer dans ses émotions, sans se perdre, sans se sentir seul.

Imam chroniqueur Babacar Diop

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