Encens et hivernage : quand la tradition parfume les foyers sénégalais

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Encens et hivernage : quand la tradition parfume les foyers sénégalais

À Dakar, l’arrivée des pluies ne se traduit pas seulement par des flaques d’eau et des ciels lourds : elle annonce aussi le retour en force de l’encens dans les foyers. Dans les allées du marché Grand-Yoff, ses effluves boisés et sucrés attirent les passants comme un fil invisible.

« Venez sentir, c’est du thiouraye tout frais ! », s’exclame Aïssatou, vendeuse depuis quinze ans. Son étal, rempli de petits sachets et de boîtes de fortune, devient en saison des pluies un point de rencontre incontournable. « Dès que la pluie tombe, les ventes doublent. L’air humide retient les mauvaises odeurs, et l’encens les chasse en rendant la maison accueillante », explique-t-elle.

Le commerce, populaire mais exigeant, subit les caprices de l’hivernage. L’humidité détériore rapidement les produits, obligeant les vendeurs à les stocker dans des sacs épais ou même des glacières. Les prix varient fortement : de 500 F CFA pour un sachet local à 5 000 F CFA pour des mélanges importés du Maroc, très prisés des jeunes couples.

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Pour Abdoulaye, autre vendeur rencontré sur place, l’encens est plus qu’un parfum : « C’est une tradition familiale et un lien culturel. Chaque maison a sa préférence, certains l’aiment fort, d’autres doux ». Ses démonstrations attirent les curieux, fascinés par les volutes envoûtantes malgré l’odeur parfois piquante.

Au-delà du commerce, l’encens est aussi un facteur de convivialité. « C’est un moyen de rassembler la famille, de partager un moment sans forcément parler », témoigne Fatou, mère de quatre enfants. Mais tout le monde ne s’y retrouve pas. Aminata, par exemple, confie que « l’épaisse fumée donne des maux de tête ». De son côté, Ndèye limite son usage : « Mon fils est asthmatique, il ne supporte pas la fumée. »

Entre plaisir des sens et inconfort respiratoire, l’encens continue de rythmer l’hivernage sénégalais, oscillant entre charme ancestral et défis modernes.

Par imam chroniqueur
Babacar Diop

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