États-Unis d’Amérique : la polémique autour d’une frappe meurtrière dans les Caraïbes secoue Washington; La Maison-Blanche tente d’exonérer le ministre de la Défense
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La révélation d’une frappe américaine ayant provoqué la mort de survivants d’un bateau suspecté de narcotrafic dans les Caraïbes place Washington dans une tourmente politique et morale. Alors que les accusations pointent directement le ministre de la Défense, Pete Hegseth, la Maison-Blanche cherche à redéfinir la chaîne de commandement. Un épisode qui interroge sur la militarisation de la lutte antidrogue et ses dérives possibles, vues depuis l’Afrique.
Depuis une semaine, une question enflamme la capitale américaine : le secrétaire à la Défense a-t-il ordonné d’abattre des hommes qui ne représentaient plus une menace ?
La controverse est née d’une enquête de presse explosive, mais c’est la réponse hésitante de la Maison-Blanche qui lui donne une ampleur mondiale.
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Les faits : une opération antidrogue qui vire au drame
Le 2 septembre 2025, un navire américain repère une embarcation suspectée de narcotrafic dans les eaux caribéennes.
Une première frappe est ordonnée : le bateau explose, plusieurs personnes meurent, deux survivent et s’accrochent aux débris.
Selon des documents et témoignages révélés par la presse américaine, une deuxième frappe aurait été autorisée afin d’éliminer ces survivants.
Au cœur des accusations : une phrase attribuée à Pete Hegseth, ministre de la Défense, qui aurait lancé lors du briefing opérationnel :
« Kill everybody » : Tuez tout le monde.
Une injonction lourde de sens, que l’intéressé dément formellement.
La chaîne de commandement contestée
Face à l’onde de choc, la Maison-Blanche est montée au créneau.
Selon sa porte-parole, la deuxième frappe n’aurait pas été décidée par le ministre, mais par un amiral présent sur zone, Frank M. Bradley.
L’exécutif affirme que l’opération s’est déroulée « dans le respect du droit applicable aux conflits armés » et que les systèmes américains ont identifié une menace persistante.
Mais cette réponse laisse sceptiques les experts du droit international.
Les survivants, en pleine mer, désarmés, ne représentaient manifestement plus un danger imminent un point qui pourrait faire basculer l’affaire dans la catégorie des exécutions extrajudiciaires.
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La tempête politique à Washington
Le Congrès s’est immédiatement saisi du dossier.
Des élus démocrates comme républicains réclament :
- l’intégralité des enregistrements,
- les ordres écrits transmis aux commandants,
- les preuves que l’embarcation visée était réellement liée au narcotrafic.
Les commissions des forces armées et du renseignement multiplient les auditions.
Certains parlementaires évoquent déjà la possibilité d’un abus de pouvoir, voire d’un crime de guerre.
La presse américaine souligne également un élément troublant : Pete Hegseth, personnalité médiatique et militaire, est proche du président Trump. La politisation de l’appareil sécuritaire est donc également au cœur des critiques.
Un scandale américain, mais un avertissement pour l’Afrique
Vu depuis l’Afrique, ce scandale éclaire plusieurs réalités essentielles.
- La « guerre contre la drogue » sert parfois de justification à des frappes hors cadre
Les opérations antinarcotiques se déroulant loin des côtes américaines montrent comment des puissances extérieures étendent leur action militaire dans des zones sensibles Caraïbes, Golfe de Guinée, Sahel maritime.
- Le droit international reste fragile face aux opérations clandestines
L’élimination de survivants, si elle est confirmée, rappellerait que certaines démocraties opèrent parfois au-delà des limites admises, au nom de la sécurité globale.
- L’Afrique peut s’interroger : demain, quelles méthodes seraient utilisées sur nos eaux ?
Les routes de cocaïne traversent déjà l’Afrique de l’Ouest, les détroits, les archipels.
Si la lutte antidrogue devient un terrain militarisé, les États africains et leurs populations pourraient se retrouver exposés à des pratiques unilatérales menées par des forces extérieures.
Et maintenant ? Une affaire loin d’être close
Pete Hegseth maintient sa version : il nie avoir ordonné l’élimination des survivants et accuse les médias d’« invention ».
La Maison-Blanche, elle, veut contenir l’incendie en recentrant la responsabilité sur un officier.
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Mais l’enquête parlementaire, la pression des ONG et les interrogations du droit international rendent l’affaire inévitablement durable.
Elle met à nu une vérité que beaucoup préfèrent ignorer : les opérations secrètes, même menées par les plus grandes démocraties, peuvent franchir la ligne rouge.
Dans un monde où les équilibres se déplacent, l’Afrique doit observer, analyser et exiger la transparence car la manière dont les puissances agissent loin de chez elles dit toujours quelque chose de la manière dont elles agiront près de nous.
Celine Dou
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