Évasion balnéaire : Ngor, le refuge côtier des vacanciers en quête de sérénité

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Évasion balnéaire : Ngor, le refuge côtier des vacanciers en quête de sérénité

Par Imam chroniqueur Babacar Diop

À quelques kilomètres de l’agitation du centre-ville de Dakar, la plage de Ngor offre un décor presque irréel : eaux translucides, pirogues en veille, enfants courant entre les rochers, et familles posées sous les filaos. Ce petit havre situé à l’extrême ouest de la presqu’île du Cap-Vert est devenu l’un des lieux de détente les plus prisés de la capitale, surtout durant les vacances scolaires.

À l’arrivée, ce sont d’abord les cris joyeux des enfants et les éclats de rire qui accueillent les visiteurs. Certains viennent de Dakar, d’autres de Thiès ou Kaolack, et quelques-uns de plus loin encore : de la diaspora sénégalaise, mais aussi de France, d’Allemagne ou du Canada.

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« La plage de Ngor n’est pas qu’un simple lieu de baignade. C’est un espace de régénération sociale, un sas entre les tensions urbaines et la quête de bien-être », explique le sociologue sénégalais Mamadou Diouf, auteur de Dakar et ses marges (Karthala, 2013, p. 212).

Un lieu accessible et familial

Contrairement à certaines plages privées aux tarifs prohibitifs, celle de Ngor reste relativement accessible. Une chaise longue coûte entre 1000 et 2000 FCFA, et les vendeurs ambulants proposent des mets locaux (mafé, thiéboudiène, brochettes de fruits de mer) à des prix populaires.

« Je viens ici avec mes enfants chaque week-end. On oublie les problèmes, l’insécurité et les embouteillages. Ici, c’est la paix », confie Fatou, une mère de famille rencontrée sur place.

Une dynamique économique locale

La plage de Ngor, c’est aussi tout un microcosme économique : piroguiers proposant la traversée vers l’île de Ngor pour 500 FCFA, photographes en quête de clients, jeunes guides improvisés, vendeurs de colliers en coquillages. Cette activité saisonnière offre des revenus temporaires mais indispensables à de nombreux jeunes du quartier.

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« Le tourisme local a un effet amortisseur contre le chômage des jeunes en zone littorale », souligne le chercheur Abdou Khadre Lo dans Économie du tourisme au Sénégal : réalités et défis (L’Harmattan, 2021, p. 89). « La plage devient un espace hybride où coexistent l’informel, l’artisanat et l’expérience client. »

Entre beauté naturelle et pressions humaines

Mais cet afflux touristique a aussi ses revers : déchets plastiques, érosion côtière, constructions anarchiques en bordure du sable. Des initiatives citoyennes émergent, comme les ramassages hebdomadaires de déchets organisés par l’association Ngor Propre.

« Le vrai défi, c’est d’avoir un tourisme populaire mais responsable », insiste Marie-Thérèse Sagna, consultante en écotourisme. « L’État doit accompagner les efforts locaux pour préserver ces joyaux naturels. »

Un espace de méditation et de liberté

Au-delà de l’agitation, Ngor conserve une dimension spirituelle. Le soir, quand le soleil décline derrière l’île, de nombreux visiteurs s’isolent pour contempler la mer, méditer, ou prier. Certains y voient une parenthèse presque mystique dans leur quotidien.

« Le rivage apaise ce que la ville tourmente. La plage est un seuil entre le monde visible et l’invisible », écrit le philosophe sénégalais Souleymane Bachir Diagne dans L’encre des savants (Présence Africaine, 2013, p. 174).

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Conclusion :

La plage de Ngor reste une échappée belle, un entre-deux précieux entre modernité et tradition, urbanité et nature. Elle incarne cette double quête contemporaine : le besoin de repos du corps, et celui d’élévation de l’esprit. Pour les vacanciers, elle n’est pas qu’un lieu : elle est une expérience.

Comme le résume l’écrivain Babacar Diop : « Écrire, c’est résister contre l’oubli. Et venir à Ngor, c’est résister contre l’usure du quotidien. »

Imam chroniqueur Babacar Diop
babacar19diop76@gmail.com

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