Fass Delorme : Un call center déguisé en pharmacie illégale démantelé par la cyberpolice
Votre Pub ici !

Dans le quartier discret de Fass Delorme, un entrepôt transformé en centre de vente clandestine de produits médicaux non homologués a été démantelé par la Division spéciale de cybercriminalité. Derrière des appels anodins, se cachait un véritable réseau structuré, impliquant plus de 25 jeunes employés.
Un réseau bien huilé dans un immeuble anodin
Tout est parti de vidéos publicitaires diffusées sur les réseaux sociaux. L’œil aiguisé des enquêteurs de la Division spéciale de cybercriminalité (DSC) y a repéré des signaux suspects : des promotions agressives sur des produits dits médicaux, vendus sans aucune autorisation. Après plusieurs semaines d’investigations numériques, les policiers ont localisé l’origine des ventes : un immeuble à R+1 niché au cœur du quartier Fass Delorme, non loin du lycée Amadou Hampâté Bâ.
À lire aussi : Diomaye Faye recentre le débat : « Le vrai combat, c’est celui contre les souffrances des Sénégalais »
Sur les lieux, les agents découvrent un entrepôt digne d’un commerce parallèle de grande envergure : des cartons de médicaments, aphrodisiaques, compléments alimentaires, le tout stocké sans aucune règle d’hygiène ni de traçabilité. À cela s’ajoutent des marchandises hétéroclites : jouets, montres, objets électroniques…
Un centre d’appel au cœur de l’arnaque sanitaire
Le plus surprenant reste la découverte d’un centre d’appel clandestin au sein du même bâtiment. Plus de 25 jeunes employés y travaillaient, chacun équipé d’un ordinateur et d’un téléphone. Leur mission : contacter des clients, confirmer les commandes, organiser les livraisons. Recrutés pour un salaire de 90 000 FCFA par mois, ces agents, pour la plupart ignorants de la nature illicite de leur activité, participaient à la vente de produits non autorisés et potentiellement dangereux.
Un système structuré… et corrompu
Lors de l’interpellation, les principaux responsables n’ont pas nié leur implication. Le gestionnaire du stock a révélé travailler pour une entreprise appelée COD IN AFRICA, et avoir récemment versé 18 millions de francs CFA à un intermédiaire. Fait plus grave encore : une tentative de corruption d’agents de la DSC a été constatée. Un billet de 500 000 FCFA a été proposé, saisi sur le champ et transféré au parquet.
L’alerte des autorités sanitaires
Saisie pour expertise, l’Agence sénégalaise de Réglementation pharmaceutique a formellement confirmé l’illégalité des produits saisis : aucun n’était enregistré au Sénégal. Certains contenaient des substances à effets secondaires graves. « Le danger est réel, car ces produits échappent à toute surveillance médicale », a averti un responsable de l’Agence.
À lire aussi : Syrie : Violents affrontements à Soueïda – Plus de 30 morts et des dizaines de blessés dans un contexte post-Assad tendu
De lourdes charges judiciaires à venir
Les cinq personnes identifiées comme étant à la tête du réseau devront répondre de plusieurs chefs d’accusation : mise en danger de la vie d’autrui, exercice illégal de la pharmacie, blanchiment d’argent et tentative de corruption. Le parquet a été saisi, et l’enquête se poursuit pour identifier d’éventuels complices et d’autres circuits de distribution.
Un appel à la vigilance lancé au public
Les autorités appellent la population à plus de vigilance. Tout comportement suspect peut être signalé gratuitement aux numéros verts 17 ou 800 00 12 12.
La police rappelle qu’elle reste mobilisée pour « protéger la santé publique et briser les réseaux mafieux qui prospèrent dans l’ombre ».
Par imam chroniqueur Babacar Diop













