Femmes handicapées au Sénégal : résilience, défis et voies d’inclusion

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Femmes handicapées au Sénégal : résilience, défis et voies d’inclusion

Au Sénégal, les femmes en situation de handicap font face à un double défi : celui du handicap et celui des inégalités de genre. Malgré des diplômes solides, des compétences avérées et un engagement associatif remarquable, leur insertion sociale et professionnelle reste un parcours semé d’embûches. Pourtant, elles transforment souvent les obstacles en opportunités grâce à leur résilience, leur foi et leur détermination.

« Allah n’impose à aucune âme une charge supérieure à sa capacité » (Coran, sourate Al-Baqara, 2:286). Ce verset illustre parfaitement le combat quotidien de ces femmes, qui surmontent des barrières physiques, sociales et culturelles pour s’affirmer dans la société.

Une double discrimination à surmonter

Fatou Diop, 56 ans, diplômée en informatique de gestion et handicapée motrice depuis l’âge de 4 ans, raconte : « À l’école, ma classe était au 4ᵉ étage. Gravir chaque marche était un véritable défi, car personne ne comprenait les besoins des personnes handicapées ». Après des études universitaires et plusieurs stages, elle constate que son insertion professionnelle demeure compliquée : « Certains employeurs se concentraient sur mon handicap plutôt que sur mes compétences », confie-t-elle.

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Selon Dr Alima Niang, spécialiste sénégalaise de l’inclusion sociale : « L’accès des femmes handicapées à l’emploi reste un défi majeur. Leur engagement associatif constitue cependant un levier essentiel pour l’autonomisation et la reconnaissance sociale » (Journal Africain de Développement, 2023, p. 78).

Engagement associatif : moteur de l’émancipation

Fatou souligne l’importance de la confiance en soi et de l’engagement associatif : « Il faut toujours croire en soi et viser l’excellence, malgré les obstacles. Les employeurs doivent dépasser les préjugés et donner leur chance aux femmes handicapées ». Depuis 2017, elle est gestionnaire et responsable de projets au Comité des femmes de la Fédération sénégalaise des associations de personnes handicapées (CF/FSAPH) et, depuis 2020, point focal du projet Voix et leadership des femmes au Sénégal.

Thérèse Niane, 40 ans, diplômée en comptabilité, témoigne elle aussi : « Mon rêve de devenir médecin s’est brisé face aux jugements et stéréotypes. L’association m’a permis de retrouver confiance et de contribuer activement à l’autonomisation économique des femmes handicapées ».

Tariq Ramadan, spécialiste contemporain en éthique et droits humains, affirme : « L’autonomisation des femmes confrontées à des obstacles physiques ou sociaux est un indicateur clé de progrès civilisationnel » (La dignité humaine, 2020, p. 112).

Résilience face aux épreuves

Mariéta Hann, amputée d’une jambe après un accident à l’âge de cinq ans, illustre la force de la résilience familiale et spirituelle : « Mes parents m’ont appris à viser l’indépendance et à surmonter les obstacles », explique-t-elle. Formée en couture, restauration et techniques agricoles, elle assure sa subsistance et milite pour l’inclusion des enfants handicapés via l’Association Enfant-Soleil.

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Comme l’enseignait le Prophète Muhammad (paix et bénédictions sur lui) : « Le meilleur d’entre les hommes est celui qui est le plus utile aux autres » (Al-Muwatta, Livre de la Bienfaisance). Mariéta incarne cette philosophie en transformant ses épreuves personnelles en engagement social.

Statistiques récentes et initiatives en faveur de l’inclusion

Selon l’Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD), la prévalence du handicap au Sénégal a atteint 7,3 % en 2023, contre 5,9 % en 2013, soulignant l’urgence d’une meilleure prise en charge.

Entre septembre 2024 et juin 2025, le projet FIT ! Action PAIJEF a permis l’insertion de 528 jeunes diplômés, dont 12 personnes handicapées (6 hommes et 6 femmes), dans 345 entreprises à travers le pays.

Un projet récent a accompagné 398 filles et jeunes handicapés dans deux régions du Sénégal, facilitant leur insertion professionnelle.

Vers une société plus inclusive

Fatou et Thérèse insistent sur la nécessité de valoriser les compétences plutôt que le handicap. Elles appellent à la création d’espaces d’échanges entre employeurs et personnes handicapées et à la stricte application de la loi d’orientation sociale : « Si chaque entreprise recrutait au moins trois jeunes femmes handicapées, le chômage diminuerait sensiblement et l’inclusion progresserait », affirme Fatou.

Ibn al-Qayyim, érudit classique, écrivait : « La patience face aux épreuves et la persévérance sont les clés de la réussite et de la satisfaction de Dieu » (Madarij al-Salikin, p. 145). Cette philosophie se reflète dans le quotidien de ces femmes.

Selon l’imam et chroniqueur Babacar Diop : « Une société qui marginalise ses membres vulnérables se prive de talents et de forces insoupçonnées. L’insertion des femmes handicapées n’est pas un geste charitable, mais un impératif moral et un facteur de progrès national ».

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Conclusion : l’inclusion, un défi collectif

Les parcours de Fatou, Thérèse et Mariéta montrent que la résilience, la foi et l’engagement associatif peuvent transformer des défis personnels en leviers collectifs. Leur combat pour l’insertion sociale et professionnelle est à la fois un acte de courage et un plaidoyer pour une société plus juste, inclusive et respectueuse de tous.

imam chroniqueur
Babacar Diop

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