France : le gouvernement impose son budget 2026 au forceps, malgré un déficit en hausse

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France : le gouvernement impose son budget 2026 au forceps, malgré un déficit en hausse

Après quatre mois d’un bras de fer politique éprouvant, l’exécutif français est parvenu à faire adopter le projet de loi de finances pour 2026. Sans majorité absolue à l’Assemblée nationale et après un rejet du Sénat, le gouvernement a choisi, une nouvelle fois, la voie du passage en force constitutionnel, au prix d’une controverse politique persistante et d’une dégradation assumée des comptes publics.

Un marathon parlementaire sous tension

Près de 350 heures de débats, des milliers d’amendements et une atmosphère électrique : le budget 2026 aura été l’un des plus disputés de ces dernières années. Ce vendredi, l’Assemblée nationale s’apprête à clore cet interminable feuilleton législatif par une ultime lecture, après l’échec de la commission mixte paritaire et le rejet du texte par le Sénat.
Face à l’absence de majorité stable et à l’enlisement des discussions, le Premier ministre Sébastien Lecornu a dégainé, pour la troisième et dernière fois, l’arme constitutionnelle de l’article 49.3, engageant la responsabilité de son gouvernement afin de faire adopter le budget sans vote. À Matignon, la justification est claire : mettre un terme à une incertitude budgétaire jugée préjudiciable à l’économie et à la crédibilité financière du pays.

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Des motions de censure sans réel suspense

Cette décision ouvre mécaniquement la voie à deux motions de censure, l’une déposée par la gauche hors Parti socialiste, l’autre par le Rassemblement national. Mais, selon plusieurs sources parlementaires, leur sort semble d’ores et déjà scellé.
Le gouvernement disposerait d’une avance d’une vingtaine de voix, notamment grâce à l’abstention ou au soutien tacite des socialistes et des Républicains. « Sauf surprise majeure, les motions seront rejetées », confie un député cité par l’agence Anadolu, laissant peu de place au suspense politique.

Des concessions sociales, mais un cap budgétaire fragilisé

Présenté par la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin comme un budget « imparfait mais utile pour les Français », le texte final intègre plusieurs concessions arrachées au fil des négociations. Parmi elles, le maintien des repas universitaires à un euro et une revalorisation de la prime d’activité, symboles d’un effort social dans un contexte de tensions économiques.
Mais ces mesures ont un coût. Le budget 2026 acte officiellement une dérive des finances publiques, point de crispation majeur avec l’opposition de droite. Le déficit public est désormais attendu à 5 % du PIB, contre 4,7 % initialement prévu, tandis que la dette publique devrait atteindre 118,2 % du PIB.

Un choix politique assumé, mais contesté

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L’exécutif assume cette trajectoire, la jugeant inévitable en l’absence de compromis politique durable. Ses détracteurs, eux, dénoncent une fuite en avant budgétaire et un affaiblissement de la discipline financière française, dans un contexte européen marqué par le retour des règles de rigueur.
Au-delà du vote, ce budget révèle surtout une fragilité institutionnelle persistante : celle d’un pouvoir contraint de gouverner par procédures exceptionnelles, faute de majorité claire. Une méthode qui, si elle permet de gouverner, continue d’alimenter le malaise démocratique et la défiance politique.

Imam chroniqueur
Babacar Diop

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