Francesca Albanese dénonce la « faillite morale » de l’Occident face à la Palestine
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Par Babacar Diop, chroniqueur, pour Dunia News
Alors que la situation à Gaza continue de susciter une vive émotion à travers le monde, les voix critiques contre l’inaction — voire la complicité — des puissances occidentales se font plus pressantes. Parmi elles, celle de Francesca Albanese, rapporteuse spéciale des Nations unies sur les droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés, résonne avec force et clarté. Dans une série de déclarations récentes, elle fustige l’hypocrisie de l’Occident, accusé d’avoir sacrifié sa crédibilité morale sur l’autel de la realpolitik et du soutien inconditionnel à Israël.
Une réponse cinglante à Emmanuel Macron
La réaction d’Albanese intervient peu après les propos du président français Emmanuel Macron au Dialogue de Shangri-La à Singapour. Ce dernier avait averti : « Si nous abandonnons Gaza, nous tuons notre propre crédibilité dans le reste du monde ». Mais pour la rapporteuse onusienne, cette crédibilité est déjà enterrée. Dans un message posté sur le réseau social X, elle déclare sans détour : « Malheureusement, c’est déjà fait : l’Occident a sacrifié sa crédibilité du fait des décennies de passe-droits accordés à Israël. »
Une critique qui va bien au-delà d’une simple déclaration d’opinion. Francesca Albanese accuse les démocraties occidentales d’avoir trahi leurs propres principes fondateurs — liberté, égalité, fraternité — en adoptant une politique de deux poids, deux mesures. Une politique qui, selon elle, est flagrante dans le traitement du conflit israélo-palestinien.
Vers des sanctions et une force de protection internationale ?
Fidèle à son engagement pour la justice internationale, Albanese ne se contente pas de dénoncer. Elle appelle à des mesures concrètes : la mise en place de sanctions internationales contre Israël pour les violations persistantes du droit international humanitaire, ainsi que l’envoi d’une force internationale de protection dans les territoires occupés. Des propositions qui s’inscrivent dans une volonté de rupture avec l’approche occidentale actuelle, jugée passive et complaisante.
Une position partagée par Amnesty International
Les critiques d’Albanese trouvent un écho chez Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International. Sur X, elle rappelle que « la crédibilité [de l’Occident] a été perdue il y a 19 mois », dès le début de l’escalade militaire israélienne à Gaza. Pour Callamard, il ne suffit plus de condamner verbalement les violences : il faut reconnaître la part de complicité dans ce qu’elle qualifie désormais de génocide. Un mot lourd de sens, que les grandes chancelleries occidentales continuent d’éviter, au nom de la prudence diplomatique.
L’Occident face à ses contradictions
La contradiction est patente. Comment les démocraties occidentales peuvent-elles se revendiquer de valeurs universelles tout en entretenant des relations stratégiques et économiques avec un État accusé de crimes de guerre et de colonisation illégale ? C’est cette hypocrisie que dénoncent Francesca Albanese et Agnès Callamard. Une hypocrisie d’autant plus flagrante que, dans le même temps, les mêmes États se montrent intransigeants face à d’autres violations des droits humains ailleurs dans le monde.
Emmanuel Macron, tout en appelant à un cessez-le-feu immédiat et à une reconnaissance de l’État palestinien, reste flou sur les leviers d’action concrets. Pour les défenseurs des droits humains, ces déclarations sans suite ne sont que des tentatives de sauver la face sur la scène internationale.
Une conscience internationale en éveil
La diffusion massive des propos d’Albanese et Callamard par des agences comme Anadolu relance un débat de fond : à quoi sert le droit international si les puissances dominantes s’en exemptent systématiquement ? Le traitement de la crise à Gaza agit comme un révélateur des incohérences et des limites morales d’un système diplomatique globalement dominé par des intérêts stratégiques, souvent au détriment de la justice.
À l’heure où la situation humanitaire à Gaza atteint un niveau critique, la question de la cohérence éthique des politiques occidentales devient centrale. Ce n’est plus seulement un enjeu de politique étrangère : c’est une question de conscience collective, de responsabilité morale face à l’histoire.
En guise de conclusion, Francesca Albanese et Agnès Callamard ne font pas qu’alerter : elles posent une exigence. Celle d’un sursaut. L’Occident peut-il encore prétendre incarner des valeurs universelles tout en fermant les yeux sur les drames de Gaza ? Le choix est désormais clair : continuer à ignorer la réalité, ou affronter la vérité avec courage. Car dans ce conflit, le silence et l’inaction ne sont plus neutres — ils sont une forme de participation.













