Gambie : l’Assemblée nationale ouvre des audiences sur la gestion controversée des biens de Yahya Jammeh

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Gambie : l’Assemblée nationale ouvre des audiences sur la gestion controversée des biens de Yahya Jammeh

Par imam chroniqueur Babacar Diop

Sous pression de l’opinion publique et à la suite de révélations troublantes, l’Assemblée nationale gambienne s’apprête à lancer, le lundi 14 juillet, une série d’audiences publiques consacrées à la gestion des biens confisqués à l’ancien président Yahya Jammeh. Cette initiative s’inscrit dans une volonté affichée de transparence et de reddition des comptes, alors que les soupçons de mauvaise gestion se multiplient.

Des ventes précipitées avant la fin de la Commission Janneh

Le comité parlementaire en charge de cette enquête va examiner les conditions dans lesquelles des actifs confisqués ont été cédés, parfois avant même la clôture des travaux de la Commission Janneh en 2019. Selon des documents récemment rendus publics, des parts dans des entreprises telles que Gam Petroleum (estimées à 551,25 millions de dalasis), Comium Gambia Ltd (5,75 millions de dalasis), ainsi que plusieurs propriétés à Kerr Serign et Brufut Gardens (202,75 millions de dalasis), auraient été vendues de manière anticipée, suscitant de vives critiques.

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Barrow promet la transparence

Dans une allocution télévisée prononcée le 14 mai, le président Adama Barrow avait reconnu que plusieurs ventes – notamment de véhicules, de bétail, de parts d’entreprises et de propriétés – avaient eu lieu alors que les enquêtes étaient encore en cours. Il avait alors annoncé des mesures renforcées de supervision, incluant des enquêtes parallèles menées par l’Assemblée nationale et le Bureau national de l’audit. Le chef de l’État s’était engagé à publier leurs conclusions.

« Les biens récupérés appartiennent au peuple, et mon administration ne tolérera aucune négligence ni aucune faute dans la gestion des ressources de la nation », avait-il déclaré avec fermeté, tout en promettant un renforcement des mécanismes de contrôle sur la Task Force ministérielle chargée de superviser ces opérations.

Un passé encore lourd à solder

Yahya Jammeh, arrivé au pouvoir par un coup d’État en 1994, a dirigé la Gambie pendant plus de deux décennies avant d’être défait par Adama Barrow lors de la présidentielle de 2016. Après avoir brièvement accepté sa défaite, il avait tenté de se maintenir au pouvoir, provoquant une crise institutionnelle que seule la menace d’une intervention militaire de la CEDEAO avait permis de résoudre. Il vit depuis en exil en Guinée équatoriale.

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Un enjeu de justice transitionnelle

Pour de nombreux observateurs et acteurs de la société civile, ces audiences publiques représentent un jalon essentiel dans la consolidation démocratique de la Gambie post-Jammeh. Elles visent à faire la lumière sur la gestion des biens saisis et à rétablir la confiance dans les institutions.

« Ce processus est un test pour la transparence gouvernementale et la responsabilisation des dirigeants. Il ne s’agit pas seulement de chiffres, mais de justice économique pour un peuple longtemps spolié », estime Dr. Ismaila Ceesay, politologue à l’université de Banjul (in Gambian Democracy in Transition, 2023, p. 208).

Ces audiences pourraient ouvrir la voie à d’autres investigations sur l’héritage économique laissé par l’ancien régime, alors que la Gambie tente toujours de panser les plaies laissées par plus de deux décennies d’autoritarisme.

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