Gaza : entre trêve fragile et tensions persistantes sur le terrain.
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Malgré l’annonce d’un cessez-le-feu destiné à encadrer les opérations militaires depuis le début du mois d’octobre, la situation sécuritaire dans la bande de Gaza demeure instable. Les affrontements sporadiques et les frappes ciblées témoignent d’une trêve encore précaire, tandis que les civils continuent de faire face à de lourdes contraintes, notamment aux points de passage frontaliers et dans le domaine sanitaire.
Une trêve sous pression militaire
Dans le nord de l’enclave, les services de secours ont signalé la mort de deux Palestiniens à Jabalia et Beit Lahiya. Les dépouilles ont été transférées vers l’hôpital al-Shifa de Gaza City. Au sud, à Khan Younès, une frappe aérienne a visé une maison appartenant à la famille Abu Hatab. Selon des témoignages locaux, l’habitation aurait été évacuée peu avant l’attaque, évitant ainsi des victimes supplémentaires.
L’armée israélienne a justifié cette opération en affirmant qu’elle répondait à des tirs dirigés contre ses forces à proximité d’une zone tampon qualifiée de « ligne jaune », établie dans le cadre de la première phase du cessez-le-feu. D’après les autorités sanitaires de Gaza, ces incidents s’inscrivent dans un bilan déjà lourd, avec plusieurs centaines de morts et plus d’un millier de blessés depuis l’entrée en vigueur théorique de la trêve.
Le passage de Rafah, un corridor sous tension
La mobilité des populations demeure un enjeu majeur. Le point de passage de Rafah, seule ouverture vers l’Égypte pour la majorité des habitants de Gaza, n’a rouvert que partiellement. Quelques dizaines de personnes ont pu regagner l’enclave après plusieurs jours d’attente, mais les procédures sont décrites comme longues et éprouvantes.
Des témoignages évoquent des contrôles sécuritaires stricts imposés aux voyageurs de retour, incluant interrogatoires et mesures de sécurité renforcées. Ces contraintes nourrissent un sentiment d’incertitude chez les civils, qui espéraient une reprise plus fluide des déplacements après l’annonce du cessez-le-feu.
Un système de santé à bout de souffle
Sur le plan humanitaire, l’évacuation des blessés graves vers l’étranger progresse lentement. L’accord prévoyait le transfert quotidien d’une cinquantaine de patients, mais le rythme réel reste inférieur à ces objectifs. Le système hospitalier local, fortement fragilisé, compte de nombreux établissements hors service, tandis que des milliers de malades nécessitent des soins spécialisés à l’extérieur de l’enclave.
Dans ce contexte, la bande de Gaza demeure confrontée à une crise multiforme. Entre une trêve incertaine, des opérations militaires sporadiques et des difficultés humanitaires persistantes, la population civile continue de subir les conséquences d’un conflit dont l’issue reste indéterminée.
Imam chroniqueur
Babacar Diop













