Gaza : le carburant manque, les hôpitaux s’éteignent, les vies s’effacent

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Par Imam Babacar Diop, chroniqueur Dunia News

Il n’y a plus de carburant dans les réservoirs. Mais surtout, il n’y a presque plus d’électricité pour maintenir les respirateurs, les couveuses, les machines de dialyse… À Gaza, les hôpitaux cessent de fonctionner un à un, étouffés par le blocus et les bombes. Le ministère de la Santé du territoire palestinien parle d’« exécution lente » des malades. Et les chiffres comme les cris de détresse confirment une réalité de plus en plus insoutenable.

Gaza : le carburant manque, les hôpitaux s’éteignent, les vies s’effacent

Dans son dernier communiqué, le ministère de la Santé de Gaza tire la sonnette d’alarme : plusieurs unités médicales vitales, dont les services de dialyse de l’hôpital Al-Chifa, sont désormais à l’arrêt, faute d’électricité. Les générateurs, devenus le cœur du système hospitalier, manquent eux-mêmes de carburant. L’approvisionnement est bloqué ou fortement limité depuis des mois, aggravé par un blocus israélien renforcé et des frappes incessantes.

Résultat : les soins intensifs sont réduits à quelques heures par jour dans les rares structures encore debout. Les blessés, les femmes enceintes, les nourrissons, les patients chroniques attendent… souvent en vain.

Depuis la reprise des opérations militaires israéliennes en mars, après une courte trêve, les frappes se sont intensifiées. Écoles, hôpitaux, camps de déplacés, zones de distribution d’aide… rien n’est épargné. Le dernier bilan, communiqué par les autorités sanitaires locales, fait état de plus de 56 500 morts et 133 000 blessés depuis octobre 2023. Rien que pour la journée du 27 mai, les frappes sur les points d’aide humanitaire ont causé 583 morts et plus de 4 000 blessés.

Israël, par la voix du Premier ministre Benyamin Netanyahu, a déclaré vouloir « occuper la totalité de la bande de Gaza », une annonce qui a provoqué une nouvelle onde d’inquiétude, tant chez les ONG que dans les milieux diplomatiques.

À Dunia News, nous savons combien les peuples africains, eux-mêmes confrontés à des urgences sanitaires, humanitaires ou sécuritaires, sont sensibles aux souffrances vécues ailleurs. Gaza rappelle à bien des égards certains épisodes de siège ou de conflit que notre continent a connus : infrastructures détruites, blocus, isolement diplomatique, impuissance médicale.

Mais la question se pose : pourquoi si peu de voix africaines s’élèvent aujourd’hui, de manière forte, pour dénoncer l’asphyxie d’un peuple ? Les institutions continentales, souvent promptes à réagir sur des questions géopolitiques globales, gardent un silence que beaucoup jugent gênant.

Cette situation dramatique ne peut être lue uniquement au prisme des antagonismes historiques israélo-palestiniens. Elle appelle une réponse claire en matière de droit humanitaire, de protection des civils, et d’accès sans entrave à l’aide médicale et alimentaire.

L’Organisation mondiale de la Santé a déjà alerté sur le fait que plusieurs cargaisons de médicaments n’ont pu être livrées qu’après huit mois d’attente, soulignant la gravité du blocus. L’état des infrastructures hospitalières souvent visées ou effondrées ne laisse guère d’espoir à moyen terme si rien ne change.

Dans le tumulte des conflits internationaux, Gaza n’est pas un simple point sur une carte. C’est aujourd’hui une enclave où l’on meurt faute d’électricité, de médicaments, de carburant. Ce n’est plus une guerre entre deux forces : c’est un territoire où la vie même devient un luxe.

L’Afrique, et le monde, doivent regarder cette vérité en face. Et agir, au nom de l’humain.

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