Gaza : Les Églises interpellées face aux entraves à l’aide humanitaire imposées par Israël
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Un comité ecclésiastique palestinien a lancé un appel solennel à l’ensemble des Églises du monde, les exhortant à sortir de leur réserve et à agir face aux restrictions croissantes qui menacent les opérations humanitaires dans la bande de Gaza. Cette démarche intervient dans un contexte marqué par de nouvelles décisions des autorités israéliennes susceptibles de paralyser l’assistance vitale destinée aux civils palestiniens.
Le président du Haut Comité présidentiel palestinien pour les affaires ecclésiastiques, Ramzi Khoury, a exprimé sa vive inquiétude après l’annonce par Israël de l’annulation de l’enregistrement de nombreuses organisations internationales. Ces structures humanitaires ont reçu l’ordre de suspendre leurs activités d’ici le mois de mars prochain. Les autorités israéliennes justifient cette mesure par le refus présumé de certaines ONG de transmettre les listes de leur personnel et de se conformer à de nouvelles procédures sécuritaires.
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Pour Ramzi Khoury, il s’agit d’un « développement extrêmement dangereux » qui porte atteinte non seulement aux principes humanitaires universels, mais également à la mission morale et spirituelle des Églises. Dans une déclaration relayée par l’agence Anadolu, il dénonce une politique de ciblage systématique des organisations humanitaires opérant à Gaza, mais aussi en Cisjordanie et à Jérusalem.
Selon lui, ces restrictions vont bien au-delà de simples formalités administratives. Elles s’inscrivent dans une logique plus large visant à « criminaliser l’aide humanitaire » et à affaiblir les institutions qui contribuent à la survie des populations civiles, déjà éprouvées par la guerre et le blocus.
Face à cette situation, le comité ecclésiastique appelle les institutions religieuses internationales à assumer pleinement leur responsabilité morale. « Le silence ne peut être interprété comme une neutralité », avertit Ramzi Khoury, estimant qu’il équivaudrait plutôt à un abandon éthique. Il plaide pour une mobilisation internationale afin d’exercer une pression sur Israël en vue de la réouverture des points de passage et de la reprise de l’acheminement massif de l’aide humanitaire, rappelant que ces entraves constituent une violation manifeste du droit international humanitaire.
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Sur le terrain, la situation demeure dramatique. Depuis octobre 2023, l’offensive israélienne a provoqué la mort de plus de 71 400 personnes et fait plus de 171 000 blessés, selon les autorités locales, tandis qu’une grande partie de Gaza a été réduite à l’état de ruines. Les Nations Unies estiment le coût de la reconstruction à près de 70 milliards de dollars. Dans le même temps, les restrictions sur l’entrée de nourriture, de médicaments et de carburant aggravent la détresse de près de 1,5 million de déplacés.
Cette crise humanitaire s’inscrit dans un contexte régional tendu, rappelant d’autres foyers d’instabilité, notamment au Liban, où les opérations militaires israéliennes suscitent également de vives inquiétudes quant à la protection des civils et à la stabilité du Moyen-Orient.
Imam chroniqueur
Babacar Diop













