Gaza : Tsahal impose une nouvelle évacuation dans le centre de l’enclave
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Par Imam chroniqueur Babacar Diop
L’armée israélienne a ordonné, ce samedi 28 juin 2025, l’évacuation immédiate de plusieurs zones densément peuplées du centre de la bande de Gaza, dont Nuseirat, Al-Zahra et Al-Mughraqa. Cette injonction, relayée par le porte-parole militaire Avichay Adraee sur la plateforme X (anciennement Twitter), intervient dans un contexte de violente escalade des combats opposant Israël aux factions armées palestiniennes.
L’armée israélienne a publié une carte de zones rouges, qualifiées de « foyers de combats dangereux ». Ces zones, selon Israël, serviraient de bases de lancement pour les roquettes tirées vers le territoire israélien par des groupes comme le Hamas ou le Jihad islamique.
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Les civils concernés ont été sommés de se diriger vers la zone d’Al-Mawasi, au sud, désignée par Israël comme une « zone humanitaire sûre ». Mais ce terme est contesté. Jan Egeland, secrétaire général du Conseil norvégien pour les réfugiés, dénonce une situation « d’exode sans fin » :
« Pousser des familles de ruines en ruines, sous des bombes, sans eau, ni sécurité, ce n’est pas protéger les civils, c’est prolonger leur supplice » (NRC Press Briefing, décembre 2023).
Depuis le 7 octobre 2023, selon l’agence Anadolu, Israël applique une stratégie de déplacements massifs en utilisant des cartes numérotées destinées à gérer les flux de populations déplacées. Ce mécanisme a déjà conduit plus de 90 % des Gazaouis à fuir leur domicile. L’expert en droit international, Michael Lynk, ancien rapporteur de l’ONU, souligne à ce propos :
« Le transfert forcé de population civile, même pour des raisons de sécurité, entre dans le champ des violations graves du droit international humanitaire, en particulier des Conventions de Genève » (Human Rights and Occupation, 2024, p. 113).
Une crise humanitaire étouffante
Ce nouvel ordre d’évacuation survient dans un contexte déjà marqué par une crise humanitaire extrême. Le système de santé de Gaza est en ruine, les hôpitaux sont surchargés, les pénuries d’eau et d’électricité s’aggravent, et la famine menace des milliers d’enfants. L’ONU a qualifié la situation de « catastrophe humanitaire totale », dans un rapport du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) datant de mai 2025.
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Le philosophe français Étienne Balibar note dans son essai Violences, identités, civilité (2019, p. 172) :
« Lorsqu’un État démocratique emploie des moyens de guerre contre une population enfermée, on ne peut plus parler de défense légitime, mais de désintégration de l’humanité partagée ».
Face à cette situation, les appels à un cessez-le-feu immédiat se multiplient. Des voix s’élèvent également au sein même d’Israël, parmi certains ex-généraux et universitaires, pour dénoncer une politique qui, selon eux, alimente l’extrémisme et compromet toute perspective de paix durable.













