Genève, carrefour des cultures et vitrine du cosmopolitisme mondial

Votre Pub ici !

Partager cet article
Genève, carrefour des cultures et vitrine du cosmopolitisme mondial

Par imam chroniqueur Babacar Diop

À Genève, chaque pierre semble chuchoter une mémoire ancienne, chaque ruelle invite à la rencontre, chaque regard croisé reflète la diversité du monde. Entre le calme majestueux du lac Léman et les échos polyglottes de ses rues animées, la cité helvétique incarne ce que l’anthropologue français Marc Augé appelle un « lieu-monde », c’est-à-dire un espace où « le local et le global se rencontrent, s’interpénètrent et s’enrichissent mutuellement » (Non-Lieux, 1992, p. 56).

Un monde en miniature

Dès la descente à la gare Cornavin, la diversité de Genève s’impose. Le sociologue suisse Jean-François Bayart la décrit comme « un archipel identitaire où cohabitent diasporas, diplomates, réfugiés, banquiers et rêveurs » (L’Illusion identitaire, 1996, p. 87). Genève accueille plus de 200 organisations internationales, dont le siège européen de l’ONU, l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’Organisation mondiale du commerce (OMC), le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), et bien d’autres.

À lire aussi : À Mbacké, musulmans et chrétiens tissent des liens fraternels dans le quartier « Teenu Ndiago »

Cette concentration d’institutions internationales n’est pas le fruit du hasard. Le politologue américain Joseph Nye, dans Understanding International Conflicts (2000), souligne que « Genève s’est imposée comme l’une des rares villes au monde où la diplomatie multilatérale peut s’exercer de manière neutre et efficace » (p. 133).

Le jet d’eau : un symbole identitaire

Le célèbre jet d’eau, fierté genevoise, jaillit à 140 mètres dans le ciel. Plus qu’un simple décor, il est, selon l’urbaniste Hélène Schmutz, « une incarnation de l’élan de Genève vers l’universel, un geste architectural qui traduit une philosophie de la visibilité et de la paix » (Paysages urbains de Suisse, 2018, p. 219). La nuit, l’éclairage du jet d’eau le transforme en sculpture de lumière, contrastant avec les berges paisibles du quai Gustave-Ador.

Gastronomie : un banquet planétaire

Si la Suisse évoque d’abord ses chocolats, ses montres et ses fromages, Genève propose une richesse gastronomique inattendue. Dans le quartier multiculturel de Pâquis, les restaurants s’égrènent comme un atlas des saveurs : cuisine indienne, libanaise, turque, éthiopienne… et bien sûr sénégalaise.

Le restaurant « Teranga », situé rue de Lyons, est un hommage vivant à la culture sénégalaise. L’anthropologue sénégalais Abdoulaye Bara Diop affirmait : « La cuisine est le cœur battant d’une civilisation. Elle raconte l’histoire, les migrations, les croyances et les solidarités » (La famille wolof, 1985, p. 41). Chez Teranga, le thieboudieune, le mafé ou encore le thiakry racontent cette histoire avec chaleur et générosité, au son de Youssou Ndour ou Coumba Gawlo Seck.

À lire aussi : OTAN : La Grèce insiste sur une répartition équitable des efforts de défense

La Vieille Ville : mémoire de pierre et d’esprit

Perchée sur une colline, la Vieille Ville de Genève est un véritable musée à ciel ouvert. Ses ruelles pavées, la Cathédrale Saint-Pierre, le Mur des Réformateurs et la rue Calvin composent un itinéraire où le passé protestant de la ville dialogue avec le présent.

Jean Calvin, figure centrale de la Réforme, y a laissé une empreinte durable. L’historien Bernard Cottret écrit : « À travers Calvin, Genève devient un laboratoire de la modernité politique, éducative et spirituelle » (Calvin : Un homme de la Réforme, 1997, p. 213).

Dans le Parc des Bastions, le Mur des Réformateurs rend hommage à cette tradition intellectuelle. Non loin, la Bibliothèque de Genève conserve les œuvres de Jean-Jacques Rousseau, philosophe natif de la ville. Comme le rappelle la professeure Dominique Kunz Westerhoff : « Genève a donné naissance à Rousseau, mais c’est toute la Suisse qui s’est enrichie de sa pensée sur la liberté et l’éducation » (Rousseau en son siècle, 2012, p. 92).

Une ville pour aujourd’hui et demain

Genève n’est pas une simple ville. Elle est une idée vivante : celle de la coexistence pacifique, du dialogue entre les peuples, de la mémoire active. Son passé protestant, son engagement humanitaire, sa richesse culturelle et gastronomique en font un carrefour stratégique de la diplomatie et un creuset d’humanisme contemporain.

À lire aussi : USA-Afrique : Mahmoud Ali Youssouf appelle à un partenariat fondé sur la réciprocité

Comme le dit si bien l’écrivain genevois Nicolas Bouvier : « Il faut du temps pour devenir Genevois. Mais dès qu’on l’est, on se sent du monde entier. » (Le Poisson-scorpion, 1981, p. 68).

Partager cet article

Recherche en direct

Catégories

Votre Pub ici !

Autres publications

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Activer les notifications Accepter Non, merci