Ghana – Crise institutionnelle : John Dramani Mahama menacé de destitution pour un voyage au Togo en l’absence de sa vice-présidente

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Ghana – Crise institutionnelle : John Dramani Mahama menacé de destitution pour un voyage au Togo en l'absence de sa vice-présidente

Accusé d’avoir laissé le pays sans intérimaire constitutionnel, le président ghanéen fait face à une vague de critiques et à des menaces de destitution de la part de l’opposition.

Accusé d’avoir violé les dispositions de la Constitution, le président du Ghana, John Dramani Mahama, fait l’objet de vives critiques et de menaces de destitution depuis son récent déplacement au Togo. Le voyage, effectué alors que sa vice-présidente Naana Jane Opoku-Agyemang se trouvait en traitement médical à l’étranger, a suscité la colère des députés du Nouveau Parti Patriotique (NPP), principale force d’opposition au Parlement.

L’affaire a pris une tournure politique explosive dans un contexte déjà tendu, mettant en lumière les fragilités institutionnelles et les rivalités partisanes croissantes à quelques mois de futures échéances électorales.

Une accusation fondée sur l’article 60 de la Constitution

L’article 60 de la Constitution ghanéenne de 1992 stipule que le vice-président ou, en son absence, le président du Parlement doit assurer l’intérim en cas d’indisponibilité du chef de l’État. Or, lors du déplacement du président Mahama au Togo, sa vice-présidente se trouvait à l’étranger pour des raisons médicales, et le président du Parlement, Alban Bagbin, était également en déplacement.

Cette situation exceptionnelle aurait temporairement laissé le pays sans chef d’État constitutionnellement reconnu, selon l’opposition. Le NPP a rapidement saisi cette faille, accusant Mahama de négligence grave et de mise en danger des institutions nationales.

Un retour teinté d’humour… mais révélateur

De retour à Accra, John Mahama a abordé la polémique avec humour lors de la réapparition publique de sa vice-présidente à la Jubilee House, le 22 mai 2025. « Tu m’as tellement manqué que même voyager est devenu difficile. Ils ont menacé de me destituer simplement pour être allé au Togo en ton absence », a-t-il déclaré devant l’assistance, provoquant des rires dans l’auditoire.

Derrière cette légèreté apparente, l’incident témoigne d’une crispation politique croissante entre le pouvoir en place et l’opposition, qui semble déterminée à affaiblir la présidence sur le terrain institutionnel.

Une gouvernance saluée malgré les tensions

Malgré cette controverse, Mahama a tenu à saluer le travail de sa vice-présidente et les efforts déployés par son administration. Il a souligné que, même en son absence, une grande partie du programme gouvernemental avait pu être menée à bien. « Grâce à votre travail préparatoire, nous avons pu réaliser une bonne part de notre contrat social de 120 jours », a-t-il affirmé.

Vers une crise institutionnelle plus profonde ?

Si les menaces de destitution n’ont, pour l’instant, pas encore abouti à une procédure formelle, elles laissent présager un climat politique de plus en plus conflictuel. Plusieurs juristes et analystes politiques estiment que l’affaire pourrait être exploitée par le NPP pour fragiliser davantage le pouvoir de Mahama, en quête de stabilité au sein de son second mandat.

L’opinion publique reste divisée : entre ceux qui dénoncent une manœuvre politicienne et ceux qui s’interrogent sur la rigueur constitutionnelle du président, la controverse pourrait s’enraciner dans les débats à venir sur la réforme des institutions et la gestion du pouvoir exécutif.

Dunia News reste mobilisé pour suivre l’évolution de cette affaire qui pourrait redessiner les rapports de force à la tête de l’État ghanéen.

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