Ghana : La présidente de la Cour suprême destituée par le président Mahama
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Accra, 2 septembre 2025 — Un tournant historique s’est produit au Ghana : le président John Dramani Mahama a annoncé la destitution de Gertrude Araba Esaaba Torkornoo, présidente de la Cour suprême et juge en fonction, à l’issue d’une enquête approfondie de six mois sur des accusations de mauvaise conduite.
Une première dans l’histoire du pays
C’est la première fois, depuis l’adoption de la Constitution de 1992 et l’instauration de la Quatrième République, qu’un·e chef·fe de la justice est démis·e de ses fonctions. Cette décision, prise conformément à l’Article 146(9) de la Constitution, a un retentissement considérable dans le monde judiciaire et politique ghanéen.
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Des allégations graves
La juge Torkornoo avait été suspendue en avril 2025, à la suite de plusieurs pétitions dénonçant des pratiques jugées contraires à l’éthique. Le comité d’enquête, composé de cinq membres et présidé par le juge Gabriel Pwamang, a rendu un rapport accablant :
Utilisation de fonds publics pour financer des voyages privés à l’étranger en compagnie de proches.
Abus de pouvoir dans la gestion du personnel judiciaire, en violation des textes constitutionnels.
Interférences dans le processus de nomination des juges de la Cour suprême.
Ces faits, qualifiés de « mauvaise conduite déclarée », ont suffi pour recommander la destitution immédiate de la magistrate.
Les conséquences institutionnelles
À la suite de cette décision, Justice Paul Baffoe-Bonnie, le juge le plus ancien de la Cour suprême, assure désormais l’intérim en attendant une nouvelle nomination officielle. Ce changement intervient dans un contexte politique tendu, où l’indépendance de la justice est souvent au centre des débats.
Réactions et enjeux
L’opposition politique, notamment le NPP, dénonce une manœuvre politique susceptible d’affaiblir la séparation des pouvoirs. De leur côté, plusieurs organisations de la société civile estiment que cette mesure pourrait, si elle est appliquée avec transparence, restaurer la confiance du public dans le système judiciaire.
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Pour de nombreux analystes, cette destitution met en lumière les fragilités institutionnelles du pays, mais elle témoigne aussi de la capacité des mécanismes constitutionnels à fonctionner, même face aux plus hautes autorités judiciaires.
Un précédent qui fera date
La chute de Gertrude Araba Esaaba Torkornoo restera comme un précédent majeur au Ghana. Elle interroge sur la gouvernance de l’appareil judiciaire, mais ouvre également la voie à un débat plus large : celui de la responsabilité des hauts fonctionnaires et du rôle du président dans l’équilibre des institutions.
✍️ Dunia News – Rédaction internationale













