Ghana : La prophétesse Nana Agradaa condamnée à 15 ans de prison pour escroquerie
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L’affaire secoue la scène religieuse ghanéenne et soulève de sérieuses interrogations sur les dérives spirituelles en Afrique de l’Ouest. Nana Agradaa, de son vrai nom Patricia Asiedua, figure controversée du paysage religieux au Ghana, a été condamnée ce lundi à 15 ans de prison ferme pour escroquerie aggravée.

La justice lui reproche d’avoir trompé des dizaines de fidèles en leur soutirant d’importantes sommes d’argent sous prétexte de bénédictions financières miraculeuses. Selon les plaignants, la prophétesse leur aurait promis de « multiplier leur argent par la foi », à condition de lui remettre des montants conséquents lors de cultes publics.

L’histoire de Nana Agradaa fascine autant qu’elle dérange. Ancienne prêtresse traditionnelle très connue pour ses pratiques mystiques diffusées sur les télévisions locales, elle avait fait les gros titres en 2021 après une conversion spectaculaire au christianisme. Déclarant avoir « rencontré Jésus », elle s’était rebaptisée évangéliste et avait fondé sa propre église, attirant des centaines de fidèles.
Mais derrière cette reconversion fulgurante, certains observateurs s’interrogeaient sur la sincérité de sa démarche. Pour beaucoup, le personnage n’avait jamais renoncé à ses anciennes méthodes : mise en scène spectaculaire, promesses de richesse rapide, manipulation émotionnelle des foules…
Le verdict prononcé par la Haute Cour d’Accra est sans appel : 15 ans d’emprisonnement pour fraude et abus de confiance, assortis de lourdes amendes. Plusieurs témoignages de victimes ont été jugés crédibles, notamment des fidèles ayant vendu leurs biens dans l’espoir de « récolter cent fois plus ».
Cette affaire met une fois de plus en lumière les dérives de certains mouvements religieux, où la frontière entre foi et manipulation devient floue. Dans un pays très religieux comme le Ghana, les leaders spirituels jouissent souvent d’une confiance aveugle, parfois exploitée à des fins personnelles.
Au-delà du cas Nana Agradaa, c’est toute une société qui est appelée à mieux encadrer les pratiques religieuses, à éduquer les fidèles, et à renforcer les mécanismes de contrôle. La liberté de culte ne doit pas être un boulevard pour les abus. Car derrière chaque billet confié, il y a une détresse, un espoir, un rêve que la foi ne devrait jamais trahir.
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