Gilead condamné à verser 200 millions de dollars pour corruption dans la promotion de traitements contre le sida
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Le géant pharmaceutique américain Gilead Sciences a accepté de verser 200 millions de dollars dans le cadre d’un accord avec une cinquantaine de procureurs généraux des États-Unis. Cette transaction met fin à une vaste enquête sur des pratiques de corruption destinées à favoriser la prescription de ses traitements contre le VIH/sida.
Selon le communiqué officiel publié mardi, Gilead a illégalement versé des pots-de-vin à des professionnels de santé entre 2011 et 2017, leur offrant notamment des repas dans des restaurants de luxe, des voyages dans des destinations touristiques prisées, ainsi que d’importantes sommes d’argent pour participer à des évènements promotionnels appelés « HIV Dinner Programs ».
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Letitia James, procureure générale de l’État de New York, n’a pas mâché ses mots :
« Lorsque les entreprises pharmaceutiques mettent les profits au-dessus de la santé des patients, c’est tout le système de soins qui en souffre. Les patients doivent pouvoir faire confiance à leurs médecins, sans soupçonner une influence extérieure. »
Des centaines de médecins auraient ainsi bénéficié de ces largesses, certains intervenant à répétition sur les mêmes thématiques dans des séminaires quasi identiques, espacés parfois de seulement deux semaines. Une infirmière citée dans le dossier aurait participé à 75 événements, parfois accompagnée de sa sœur.
Les sanctions financières infligées à Gilead doivent notamment bénéficier aux programmes publics Medicaid et Medicare, ainsi qu’au programme fédéral ADAP, destiné à aider les patients atteints du VIH à accéder aux traitements
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Dans une réaction transmise à l’AFP, un porte-parole de Gilead a reconnu l’accord mais a tenté de relativiser la portée de l’affaire :
« Nous avons depuis renforcé nos standards éthiques. Ce règlement nous permet de tourner la page et de nous concentrer sur notre mission. »
La Bourse n’a cependant pas été clémente : l’action de Gilead a chuté de 2,7 % à la clôture de la séance mardi à New York.
Gilead est actuellement le fabricant de Sunlenca, un traitement antirétroviral coûteux à plus de 39 000 dollars par an, ainsi que de Yeztugo, un nouveau médicament préventif récemment approuvé par les autorités sanitaires américaines. Face aux pressions de la société civile, l’entreprise a toutefois signé en 2024 des accords pour fournir ces traitements en version générique à plus de 100 pays à revenus faibles ou intermédiaires, en partenariat avec le Fonds mondial.
Cette affaire jette une lumière crue sur les liens parfois troubles entre l’industrie pharmaceutique et le corps médical, et relance le débat sur la transparence des pratiques de promotion dans le secteur de la santé.
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Imam chroniqueur Babacar Diop
babacar19diop76@gmail.com

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