Gouvernance à la Sonatel : tensions feutrées entre l’État du Sénégal et Orange

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Gouvernance à la Sonatel : tensions feutrées entre l’État du Sénégal et Orange

Derrière les murs feutrés des conseils d’administration, un bras de fer silencieux se joue autour de la gouvernance de la Sonatel. En jeu : le maintien ou non de Sékou Dramé à la tête de cette entreprise stratégique, pilier du secteur des télécommunications au Sénégal. Si son départ est largement évoqué dans certains cercles, aucune décision officielle n’a été prise à ce jour.

Selon des informations recoupées par Libération, le projet de nomination d’un nouveau directeur général a été présenté dès le mois d’avril. Le partenaire technique, Orange, pousserait pour l’arrivée de Brelotte Bå, actuel directeur général d’Orange Afrique et Moyen-Orient. Mais l’État du Sénégal, actionnaire de référence, a posé un préalable : qu’un débat soit engagé sur la gouvernance globale de la Sonatel avant toute nomination. Or, ce débat n’a toujours pas eu lieu.

Pour l’intersyndicale de la Sonatel, les enjeux dépassent une simple question de leadership. Dans une lettre ouverte adressée au président de la République, les syndicats dénoncent une tentative d’hégémonie du partenaire français au détriment de la souveraineté économique nationale. Ils y voient une manœuvre visant à installer un dirigeant plus favorable aux intérêts d’Orange, quitte à éclipser ceux du Sénégal.

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Ce bras de fer révèle un enjeu stratégique majeur : qui, de l’État ou du partenaire étranger, contrôlera réellement les leviers décisionnels de cette entreprise hautement rentable ? Derrière les sourires diplomatiques, l’épreuve de force est engagée.

“Sonatel est plus qu’une entreprise. Elle incarne la capacité du Sénégal à tenir tête aux multinationales dans des secteurs vitaux”, estime l’économiste Cheikh A. Gaye, dans son ouvrage Souveraineté et entreprises publiques en Afrique (2023, p. 118).

Alors que la Sonatel s’apprête à aborder une nouvelle phase de son histoire, l’issue de ce bras de fer pourrait bien redéfinir l’équilibre des pouvoirs entre l’État sénégalais et ses partenaires stratégiques.

Imam chroniqueur Babacar Diop
babacar19diop76@gmail.com

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